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Abus sexuels des mineures


Le Cameroun n’est pas épargné !
Une étude vient de poser le diagnostique : le phénomène de l’exploitation sexuelle des jeunes filles prend de l’ampleur. Selon ce travail de recherche qui attend d’être officiellement présenté, 40 % de jeunes filles subiraient ces abus au Cameroun, notamment dans les grandes métropoles du pays.

Une édition spéciale du périodique Passerelle avait donné le ton. L’étude commise par le CIPCRE, septembre–décembre 2004, vient de confirmer les faits rapportés par l’enquête journalistique d’alors : l’exploitation sexuelle des jeunes filles avance au Cameroun. Le rapport de l’étude, qui a été réalisée par la Cameroon Society for Prévention of Child Abuse and Neglect (CASPCAN), est formel. «Le phénomène de l’exploitation sexuelle des jeunes filles à des fins commerciales est réel et inquiétant au Cameroun». Sur une vingtaine de page, le travail dirigé par Dr Daniel Mbassa Menick (Président de la CAPSCAN) explique, au bout d’une démarche méthodologique soutenue par la technique de l’échantillonnage, que le phénomène implique essentiellement les jeunes filles âgées de 9 à 20 ans ; et s’affirme surtout dans les grandes villes du pays.

On apprend, avec ce travail, que sur 722 jeunes filles identifiées et interrogées dans quatre villes (Yaoundé, Douala, Bamenda et Bafoussam), 291 filles sont victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Soit une prévalence de 40 %. L’étude fait remarquer que des parents jouent, consciemment ou non, un rôle important dans ce drame. Car certains instrumentalisent leur progéniture pour les besoins de cette cause ou ne disent rien lorsqu’ils sont au courant de cette activité. Une démission parentale aggravée par la pauvreté et des actes de violence ou de frustration domestique.

Intitulé «Enfance en danger», ce travail qui est l’un des tous premiers à être réalisé dans ce secteur au Cameroun, débouche sur quelques recommandations. Il suggère, entre autres, la rupture du silence qui entoure ce phénomène et lui permet de prendre progressivement du galon. Pour en appeler à la conscientisation sociale. L’étude recommande aussi l’aménagement des espaces d’écoute des enfants au sein des communautés ; l’éducation et la formation aussi bien pour les parents, les enfants que pour des professionnels engagés dans l’encadrement de l’enfance ; ainsi qu’un plaidoyer en faveur du renforcement et de l’application de la législation en matière d’exploitation sexuelle des enfants.

Ce travail de recherche initié par le CIPCRE sera bientôt présenté officiellement à l’opinion et à la presse. Il entre dans le cadre des activités de foi et de transformation sociale qui font partie des axes d’intervention de l’ONG. Et constitue, par conséquent, une contribution essentielle aux activités de la Campagne Semaines Pascales 2005, dont le thème est «Préparons un avenir sans violence à nos enfants».

La réalisation de cette étude a, entre autres mérites, celui d’avoir mis en partenariat deux organisations de la société civile Camerounaise (le CIPCRE et la CAPSCAN), toutes engagées fermement dans des dynamiques de transformation sociale. Elle s’est faite avec le soutien financier de STRV, un partenaire hollandais.

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