Produits d’élevage
Transformer pour mieux vendre
Les éleveurs de la région de l’Ouest sont désormais armés pour faire valoir leurs produits, et en particulier les aulacodes, sur le marché camerounais. Pendant deux journées, ils ont eu droit à une formation théorique et pratique sur les méthodes de fumage de viandes adaptées à leur environnement. C’était les 29 et 30 juin dernier à la ferme pilote du CIPCRE.
Eleverles aulacodes, c’est bien. Mais en faire une véritable source de revenu, c’est mieux. C’est dans cette optique qu’ont eu lieu deux journées de formation en techniques de fumage des produits d’élevage organisées par l’Unité de promotion des Initiatives Locales de développement du CIPCRE. Elles se sont tenues les 29 et 30 juin à la ferme pilote du CIPCRE Bafoussam avec pour objectif principal le renforcement des capacités des éleveurs en techniques écologiques de transformation de leurs produits. C’était là une réponse au besoin urgent des éleveurs d’aulacodes, qui avaient bien du mal à tirer bénéfice des ventes de leurs produits. Lors de la formation des formateurs endogènes en aulacodiculture en novembre 2008, ces derniers avaient exprimé le besoin de donner à leur produit une valeur ajoutée et de pouvoir conserver leurs animaux une fois la maturité atteinte. L’on a noté à cet atelier la participation de 17 éleveurs dont 9 femmes, responsables ou représentants des groupes, en provenance de 7 localités de la région de l’Ouest à savoir Dschang, Mbouda, Bafoussam, Bayangam, Baham, Galim et Bahouan.
Les participant(e)s ont eu droit à l’initiation aux techniques de fumage à froid et à chaud. Les différentes démarches du fumage à chaud ont été revisitées. Tout au long de cette formation, l’accent a été mis sur les différentes règles d’hygiène à respecter : hygiène corporelle, hygiène du lieu de fumage comme celui de l’abattage des animaux, du matériel à utiliser et surtout de l’animal à fumer qui selon les indications de la formatrice doit être bien saigné, ne doit être ni trop jeune ni trop vieux afin d’éviter une chair molle ou dure. Il faut aussi éviter que les mouches s’y posent. Les participants ont été mis en garde contre l’utilisation du pétrole ou du plastique à cause de leur toxicité, du bois à essence tel l’eucalyptus, le sapin et le pin à cause de la forte odeur de fumée qu’ils dégagent. Il leur a été conseillé d’utiliser le bois de l’avocatier, le bois jaune, les coques de coco, la peau de banane et les déchets de canne à sucre pour leur odeur douce. La formatrice n’a pas manqué d’ajouter à son enseignement de petites recettes et astuces d’assaisonnement pour donner plus de goût à leurs produits. En voici quelques unes :
- Nettoyer soigneusement la viande.
- écraser les condiments tels que l’oignon, ail, poireau ; persil, piment selon les goûts, mettre du sel.
- mélanger convenablement les condiments avec la viande et laisser macérer dans le mélange pendant 1heure, puis retirer et laisser égoutter pendant 45min.
En général, il est toujours bon d’ouvrir l’animal pour faciliter non seulement la macération, mais aussi réduire le temps de fumage. Le fumage proprement dit nécessite une température variant entre 30°c et 90°c la stratégie étant d’aller tout doucement ceci pour permette à l’arome produit par la fumée de pénétrer progressivement dans les cellules de la viande.
Allier la théorie à la pratique a été le point fort de cet atelier au sortir duquel plusieurs participants étaient satisfaits de la formation reçue. Ils se sont donnés pour objectif la mise en application des techniques apprises puisque, disent-ils, le matériel de fumage tel que indiqué par la formatrice est déjà soit disponible chez certains d’entre eux, soit facile à fabriquer parce que les matériaux nécessaires existent sur place.
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