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Exploitation sexuelle des enfants au Cameroun : Le CIPCRE sonne l’alerte

C’était au cours d’un atelier préparatoire de lancement de la campagne de plaidoyer contre la Traite des Enfants à des Fins d’Exploitations Sexuelles (TEFES), tenu dans les locaux du Cipcre à Yaoundé le 21 janvier 2010.

 

Le révérend Jean-Blaise Kenmogne a mis le doigt dans la plaie
Le révérend Jean-Blaise Kenmogne a mis le doigt dans
la plaie

L’atelier a réuni une trentaine de participants, tous issus des organisations ayant en commun dans leurs activités respectives, un droit de regard sur la situation des enfants au Cameroun. L’objectif de cet atelier, a indiqué dans son propos liminaire le pasteur Jean-Blaise Kenmogne, Directeur Général du Cipcre et Point focal du Réseau Foi et Libération qui conduit le projet TEFES depuis 2008, était de restituer les résultats de l’étude aux ONG et associations engagées dans la lutte contre l’exploitation sexuelles des enfants ; de tester le discours de la campagne, et mettre sur place une synergie de lutte contre la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle au Cameroun et en Afrique centrale et occidentale. Il ressort de son exposé que la TEFES, qui concerne exclusivement les jeunes filles dont l’âge varie entre 9 et 17 ans, est un phénomène qui existe et se vit bel et bien dans toutes les régions du Cameroun, quoiqu’elle reste encore mal connue et habillée de confusion. Des nombreux témoignages recueillis auprès des victimes lors des enquêtes et révélés aux participants pendant l’atelier sont venus corroborer l’existence de ce fléau au Cameroun, et montrer toute la profondeur du mal. Cependant, l’une des premières victoires du Réseau Foi et Libération, s’est félicité le révérend, c’est que « nous avons réussi à inscrire ce phénomène dans le débat public ».

Le Cameroun, terre de transit
Dans son exposé, la seconde intervenante au cours de cet atelier, Amely James Koh Bela, présidente de Mayina et

moderateur
Le modérateur, Jacob Kotcho, a su distribuer les cartes

spécialiste des réseaux de la prostitution en Europe, a démontré à travers une carte physique du Cameroun, comment s’opèrent les flux migratoires des enfants en situation de Tefes. Elle a fait constater que ces enfants partent généralement des zones rurales pour les villes urbaines, et dans certains cas, sont déportées vers l’étranger. A l’en croire, de par sa situation géographique, le Cameroun représente une plaque de transit stratégique pour le fonctionnement de ce phénomène, ce qui justifie la densité des flux migratoires qui y sont enregistrés. Une situation qui, martèle-t-elle, est favorisée par la porosité des frontières, mais aussi par le silence et l’indifférence coupables des autorités. Le Gabon, identifié comme le plus grand pays africain en matière de trafic d’enfants, doit son rang du fait d’une parfaite collusion avec le Cameroun, grand pourvoyeur d’enfants, et facilitateur de trafic.

 

Les participants, main dans la main
Comment donc agir au cours de la campagne de plaidoyer qui sera bientôt lancée, afin de limiter ce phénomène, à défaut de l’éradiquer ? A cet

exposants et participantsL'attention de tous était perceptible lors des exposés

te question, le révérend Jean-Blaise Kenmogne a envisagé deux hypothèses majeures : informer et conscientiser toutes les couches de la société camerounaise, et renforcer le cadre juridique et institutionnel de lutte contre les TEFES. D’autres pistes de solutions ont été dévoilées par les participants. Notamment, la mise en relief de la dimension éthique à la base du discours de la campagne de conscientisation des jeunes ; l’interpellation des parents sur leur sens de responsabilité ; ou encore l’amélioration par le gouvernement des conditions de vie des populations ; pour ne citer que celles-là. Pour y parvenir, les participants se sont unanimement résolus à se tenir la main. Séance tenante, 6 participants ont été choisis pour appuyer l’équipe du Réseau Foi et Libération, constituée du Cipcre, du Forum Cameroun, de la Dynamique mondiale des Jeunes et du Conseil supérieur islamique au Cameroun. Tous ensembles, ils devront travailler pour enrichir davantage le projet de leurs expériences et connaissances, mais aussi bien élaborer la stratégie de la campagne de plaidoyer contre la TEFES, dont le lancement officiel, selon le point focal du Réseau Foi et Libération, est prévu à la fin du mois d’avril ou au début de mai 2010.

Francis T. MELI


L'équipe restreinte du Réseau Foi et Libération peaufinant ses stratégies d'action

Les participants ont décidé d'immortaliser l'évènement

 

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