Le mercredi 22 Mars 2006 a eu lieu dans la cour du CIPCRE une causerie éducative sur le thème : «La grippe aviaire et nous». Le modérateur de cette causerie était le Directeur Général du CIPCRE, le pasteur Jean Blaise KENMOGNE. Comme intervenants, il y avait quatre personnes :
- Roger KOUAM NETCHA, Documentaliste au CIPCRE pour la revue de la presse sur le sujet ;
- Dr FOTZO TALOM Michel, vétérinaire en clientèle privée pour l’explication scientifique de la grippe aviaire, les manifestations de la maladie, le traitement et la prévention.
- Dr Laura BESSOM, vétérinaire, Chef de service de la Santé et de la Protection Animale au Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) pour présenter les actions menées par le gouvernement
- Dr KÄ MANA, Théologien et Philosophe pour soulever les questions éthiques et comment lutter contre cette psychose.
La causerie a réuni des participant(e)s de divers horizons : hommes de média, aviculteurs et autres acteurs de la filière avicole, représentants des services gouvernementaux, professeurs et étudiants. Au total, 97 personnes dont 28 femmes ont pris part à ce grand rendez-vous de partage et de discussions.
Pour introduire les différentes interventions, le Pasteur Jean Blaise KENMOGNE a rafraîchi la mémoire des participant(e)s en évoquant le plaideur de l’ACDIC (Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs) qui a abouti à la relance de la filière avicole. Fort curieusement, la grippe aviaire se déclare au moment où nos éleveurs parviennent déjà à couvrir la consommation nationale en poulets et en produits dérivés et même à exporter leurs produits. Il y a là une conjonction troublante, a-t-il affirmé.
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La première articulation de cette causerie a été la revue de la presse par le documentaliste du CIPCRE Roger KOUAM qui a montré que ce sont les journaux qui ont crée une psychose et une panique au sein de la population ; en faisant circuler des informations parfois contradictoires et mal formulées.
En seconde position, le Dr TALOM a donné des éclairages sur ce que c’est que la grippe aviaire dans son intervention. Dans un langage assez simplifié et avec des illustrations bien choisies, il a livré à ses auditeurs un exposé scientifique mais compréhensible sur la grippe aviaire. Il ressort de cet exposé que la grippe aviaire est une ancienne maladie, découverte il y a près d’un siècle en Italie. C’est une maladie aviaire dont le virus peut muter et se transmettre à l’homme. Il a partagé avec l’assistance les manifestations cliniques de la grippe aviaire et les mesures à prendre en cas de contamination chez les animaux et chez les hommes.
Les autorités administratives étaient représentées à cette causerie par Mme Laura BESSOM qui a eu un espace pour dévoiler à l’assistance les actions du gouvernement. On aura appris l’existence d’un plan sectoriel mis en œuvre pour lutter contre la grippe aviaire avec des objectifs spécifiques et des mesures urgentes pour éteindre le ou les foyers.
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Sur le plan social, les dégâts causés par la présence de la grippe aviaire sont énormes. Il y a non seulement la psychose et la peur qui éloignent les consommateurs du poulet et des œufs, mais aussi la panique chez les éleveurs qui, ne sachant plus à quel saint se vouer, vident leurs fermes. Les marchés sont inondés des produits aviaires qui sont pratiquement bradés. Dans le domaine économique, c’est tout simplement un désastre. D’où l’intérêt des participants vis-à-vis de la brillante intervention du théologien et philosophe KÄ MANA.
Après ces interventions très appréciées, la phase d’échange et de discussions s’est ouverte autour de plusieurs préoccupations : la communication autour du sujet, les méthodes de lutte contre ce fléau, les modes de transmission et la psychose de la grippe aviaire
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Pour clore cette causerie, un aviculteur a été invité à donner son témoignage. D’une voix brisée qui cachait à peine son émotion, un aviculteur, M. SOB Bernard du GIC PROPCO a étalé l’angoisse des aviculteurs devant le phénomène de la grippe aviaire. Il a décrit comment ils se sont affaiblis économiquement et comment malgré eux, ils étouffent tous les jours des milliers de poussins d’un jour et bradent leurs pondeuses à peine entrées en ponte. C’est une situation de crise et il convient d’être un peu plus sérieux dans la manière de traiter les informations. C’est une question de citoyenneté et il faut faire quelque chose sinon, il y aura des suicides.
La causerie s’est achevée par une séance de dégustation d’oeufs et de viande de poulet. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, tous les invités ont mangé du poulet et des oeufs. Certainement qu’ils ont été convaincus par les divers éclairages sur le sujet. C’est libérés de la peur et de la psychose qui s’étaient emparés de nous depuis la survenue de l’épizootie chez nous que nous nous sommes séparés avec le souhait que nous continuerons à consommer les produits avicoles et partant, apporterons notre contribution à la relance de la filière qui ici et là bat de l’aile.