Les hautes terres de l’Ouest comptent parmi les régions du Cameroun où la densité de la population est la plus élevée. Dans ces régions, la surexploitation des terres couplée aux pratiques agricoles inappropriées, a entraîné une baisse considérable de la fertilité des sols. Cet appauvrissement des terres agricoles est renforcé par l’érosion hydrique, conséquence d’une forte pluviométrie (1000 à 1800 mm/an), d’un relief ondulé, et accidenté dans l’ensemble.
Afin de nourrir des bouches de plus en plus nombreuses, les populations, constituées à plus de 70% de ruraux, se sont lancées dans l’utilisation hasardeuse des pesticides et dans la conquête de nouvelles terres agricoles, occupant indifféremment les zones de pâturages, les flancs de collines et les galeries forestières.
Cette situation est à l’origine des conflits entre agriculteurs et éleveurs et entre les villages. Elle a induit le recul des formations végétales naturelles déjà rares dans la zone.
Le CIPCRE, depuis des années, s’est donné pour défi de permettre à la population rurale à travers les groupes d’initiatives communes et des unions de gérer de façon rationnelle les ressources présentes afin de les préserver pour les générations futures. Pour y parvenir, nous encourageons toutes les initiatives de nos partenaires allant dans le sens de la promotion des activités relatives à la fertilisation organique et la lutte anti-érosive. C’est ainsi que dans les localités de Bangang dans les Bamboutos et de Balessing dans la Ménoua, les paysans ont sollicité l’appui du CIPCRE pour leurs projets de culture d’oignon et d’élevage de porc respectivement. A travers ces projets, nous montrons aux paysans l’utilisation du compost et des fientes de poules comme fertilisants de substitution aux engrais chimiques. Les techniques telles que l’agriculture en couloir avec association des légumineuses telles que le Calliandra dans les parcelles agricoles d’une part, et d’autre part l’association de cette même plante dans les jachères améliorées, sont promues.
Au-delà de la protection, de l’enrichissement et de la protection des sols avec le calliandra ou le leucaena, ces mêmes essences sont aussi utilisées comme plantes mellifères. Elles fournissent le fourrage et le bois de chauffe. La promotion de la cuniculture auprès de nos partenaires vise également à accroître les rendements agricoles à travers l’action des abeilles sur la pollinisation.
Toutes ces actions visent à amener les paysans et paysannes à adopter les méthodes durables de conservation et d’amélioration de la productivité des terres agricoles.