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Statut matrimonial au Cameroun
Le CIPCRE organise une causerie pour en débattre au GIC ELAF

Dans le cadre de la sensibilisation des femmes bénéficiaires des services du CIPCRE, une causerie éducative a été organisée le 1er novembre au siège du GIC ELAF à Foumbot sur le thème «  l’importance du statut matrimonial dans la société camerounaise » en présence de 43 personnes dont 35 femmes, pour la plupart des ménagères.

Le thème ainsi formulé, résultait d’une remarque faite lors d’une séance de travail par un membre du GIC ELAF, qui voulait savoir comment et pourquoi se font les mariages qui sont promus depuis quelques temps à la télévision avec la Ministre de le Promotion de la Femme et de la Famille. En effet, la télévision camerounaise a montré récemment plus d’une centaine  e couples qui vivaient « maritalement » avant, mais qui, avec l’appui de la ministre, ont fait reconnaître leur union devant le maire. D’après ce membre du GIC, il ne comprend pas pourquoi deux personnes qui cohabitent depuis plus de 20 ans ont encore besoin d’un « papier » pour continuer à vivre ce que cache le mariage officiel. Et si on ne se mariait pas sur papier, cela aurait – il des conséquences ?
Afin de satisfaire à la curiosité de tous, trois intervenants ont été présentées dans lesquelles il a été  question d’expliquer comment on contracte  un statut matrimonial, l’importance que la société et la loi y attachent, les différents types de statuts matrimoniaux reconnus par la loi camerounaise et pour chaque type de statut, les devoirs, les avantages et les obligations y afférents. La question du changement du statut matrimonial a été également discutée.

Dans le premier sous thème présenté par Madame Jaqueline NGOULA, membre du GIC a résumé brièvement sa propre expérience très riche et très encourageante sur le choix qu’elle a fait de s’engager dans le mariage. Pour elle, le fait de s’être mariée a constitué une véritable force pour affronter la vie : le secours et l’assistance mutuels dans le couple, l’éducation des enfants, la stabilité sociale des enfants et de la famille, et une certaine respectabilité en sont les preuves. Depuis qu’elle est devenue veuve, elle jouit de la même respectabilité dans son milieu, et ses, enfants malgré l’absence de leur père, se sentent en sécurité dans la maison familiale .Sa belle famille lui apporte des appuis dans l’éducation des enfants et autres  charges familiales.
Le second sous-thème présenté par le Délégué d’Arrondissement de la promotion de la Femme et de la Famille de Foumbot, spécialiste des questions de la femme et de la famille,résumait les implications sociales et culturelles qui peuvent êtres liées au statut matrimoniale. Il a introduit son propos en posant la question de savoir pourquoi la religion musulmane fait du mariage des Imams une obligation absolue et non négligeable. La réponse est que sur le plan culturel, un homme en âge se de marier dans la société musulmane, s’il ne l’est pas, ne peut pas être pris au sérieux : il est souvent isolé, reçoit rarement la visite des voisins et de la famille. Lorsqu’il meurt, ses obsèques sont bricolés, et on a hâte de l’oublier. Dans certains villages de l’Ouest, un homme mûr non marié est assimilé à la femme, au sexe faible.Il ne peut pas prendre la parole devant les hommes mariés, ni manger le taro en compagnie des hommes mariés…..
Sur le plan social, le mariage est la garantie de la stabilité de la cellule familiale.Il consolide les liens entre les personnes et les clans, voire même les nations. Par ailleurs, une étude sur les enfants de la rue au Cameroun a démontré que plus de 70% d’entre eux sont issus de familles démunies ou de mère célibataires. Le statut matrimonial crée des liens durables et contrôlables. On est sûr par exemple de la filiation des enfants. Ces derniers ont une certaine fierté d’avoir un nom de famille et sont plus équilibrés dans l’éducation. En ce qui concerne le statut de veuf/ve, la société protège les personnes veuves et les orphelins. Des actions de solidarité sont parfois organisées dans les églises, les tontines et les institutions en leur faveur. En ce qui concerne le divorce, la société musulmane s’y oppose énergiquement, compte tenu de leur impact sur les mœurs, les enfants de la société en général.

Le troisième sous thème a été présenté par la Coordinatrice de la Cellule Genre et Développement du CIPCRE, madame Mirabelle Damtse, qui a traduit le point de vue de la loi camerounaise sur la question du statut matrimonial. Ce point de vue juridique est venu consolider les propos du délégué en apportant des éclaircissements sur des points précis : d’abord la définition du statut matrimonial ; matrimonial vient du latin « matrimonium » (mariage), donc qui a un lien avec le mariage. Selon cette étymologie, les statuts matrimoniaux reconnus au Cameroun comportent deux aspects : on peut être marié(e) ou veuf (ve). Ensuite, la principale loi qui organise l’Etat Civil au Cameroun : l’exposé s’est appuyé de bout en bout sur l’ordonnance n° 81/02 du 29 juin 1981 portant organisation de l’état civil au Cameroun .Cette ordonnance qui comprend 85 articles, donne des précisions sur les différents statuts juridiques et leurs implications .Le mariage n’est pas seulement la vie à deux pendant plusieurs années. C’est surtout un « acte juridique solennel » : il est conclu sur consentement des époux et devant un officier d’état civil. C’est ainsi que lorsqu’on est marié, on a des obligations entre époux et vis-à-vis des enfants. On a aussi des droits. Le mariage est présenté par la loi comme un moyen de stabilité de la cellule familiale, un lieu où grandit et s’éduque l’enfant. Par le mariage de ses parents,l’enfant  hérite de sa part entière de bien car il est dit « légitime » alors que l’enfant dit « naturel » n’a droit qu’à la moitié de ce qui est dû à l’enfant légitime. Par ailleurs un enfant non reconnu n’est rattaché à aucune famille et ne peut donc pas exercer un droit de succession de son « prétendu père ».Sur cette notion la procédure de reconnaissance d’enfant a été lue. Notons ici que la loi permet à tout homme (marié ou non) de reconnaître un enfant issu de ses œuvres avec une autre femme « non légitime ».

En ce qui concerne les veuves et les veufs, la loi leur reconnaît des droits issus de leur ancienne union tant qu’ils ne  sont pas engagés dans de nouveaux liens de mariage .Leurs enfants ont les mêmes droits que les enfants légitimes. Pour terminer, l’intervenante a invité les participantes et les participants à se rapprocher du délégué pour approfondir et reconsidérer, en ce qui concerne chaque personne, le statut sous lequel elle vit et par rapport aux dispositions de la loi en vigueur, afin d’éviter les difficultés par ailleurs mentionnées par le délégué.

A l’issue des trois intervenants, de nombreuses questions ont été enregistrées :  elles étaient liées parfois aux problèmes personnels ou aux problèmes dans lesquels sont impliqués les  membres de la famille en ce qui concerne le statut matrimonial .Des réponses ont été données à toutes les questions, et pour les trois cas jugés très sérieux par le délégué,celui-ci a convié les personnes intéressées à prendre rendez-vous individuellement avec lui pour un suivi de ces cas .Pour terminer son exposé, la Coordinatrice de la CGD a relevé que la loi n’encourage pas les divorces,mais les reconnaît et les  a réglementés.

 
Une attitude des membres du GIC pendant la causerie
 
Photo de famille après la causerie

 


 

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