C’est le thème d’un colloque organisé par le CIPCRE le 6 décembre 2005, et qui a réuni une vingtaine de théologiens protestants, catholiques et musulmans autour du théologien et médecin hollandais Jaap Breetvelt.
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Dr Jaap Breetvelt intervenant au cours du colloque |
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Le 6 décembre 2005, le CIPCRE a organisé un important colloque sur le thème : Théologie, Communautés de foi et VIH-SIDA. Ce colloque qui a réuni une vingtaine de théologiens protestants, catholiques et musulmans, s’est déroulé autour du théologien et médecin hollandais Jaap Breetvelt, à qui le CIPCRE rendait un hommage mérité pour son engagement au service de l’Afrique. Le Docteur Breetvelt y a présenté une communication très riche sur la complexité du VIH-SIDA, une pandémie dont il a déployé toutes les dimensions anthropologiques, psychiques, sociales et spirituelles qui devront être au cœur des stratègies de lutte des Eglises, au-delà des problèmes strictement médicaux. Il a montré comment, pour réussir cette lutte, les forces politiques, les médias et la société civile devront désormais travailler en synergies. Dans ces synergies, les forces religieuses sont appelées à promouvoir de nouvelles dynamiques théologiques, autour de la figure du Christ comme souffle de compassion et pouvoir du refus de toute stigmatisation. Le Docteur Breetvelt a mis son intervention à profit pour présenter l’important travail théologique abattu par les théologiens et les théologiennes d’Afrique autour du VIH-SIDA.
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A la suite de Jaap Breetvelt, trois (3) Théologiens africains ont réagi à son intervention en présentant leur vision du problème du VIH-SIDA en vue de lancer le débat avec les participants au colloque.

De gauche à droite : Prof Kä Mana, Prof Messina, Dr Jaap Breetvelt,
M. Souleymane Bouba, Pasteur Jean-Blaise Kenmogne
Souleymane Bouba, Théologien musulman, Secrétaire Général du Conseil Supérieur Islamique du Cameroun, a insisté sur l’urgence d’enraciner la lutte contre le VIH-SIDA dans le sol fertile des valeurs de la foi, celles pour lesquelles le Coran est un guide utile dans ses exigences. Au lieu de se laisser guider par le monde ambiant dont les intérêts économiques, matériels et financiers polluent la bataille contre la pandémie, il a proposé un engagement ferme dans la parole divine, seule lumière sûre dans nos temps troublés.
Le Théologien catholique Jean-Paul Messina, Vice-Doyen de la Faculté de Théologie de l’Université Catholique d’Afrique Centrale où il est également enseignant, a centré sa réflexion sur la pertinence et la fécondité de l’approche de la question du VIH-SIDA par l’Eglise Catholique. Cette approche souvent caricaturée dans les médias par la place qu’on y accorde au débat sur l’utilisation du préservatif, a été présentée comme le souci de l’Homme Intégral et de la préservation de la société contre les dérives vers le laxisme éthique et l’indifférence spirituelle. C’est une approche qui vise le message central de l’Evangile : l’Amour dans sa vérité et ses exigences.
Quant au Professeur Kä Mana, Théologien protestant qui est actuellement Conseiller Théologique au CIPCRE, il a mis en lumière le paradoxe de la marginalisation des personnes vivant avec le VIH dans la conception, la gestion, l’administration et la conduite de la lutte contre cette pandémie. Cette marginalisation a des conséquences catastrophiques : la lutte est menée sans toute la détermination nécessaire qui mettrait au centre les malades et leur volonté de guérison. Du point de vue théologique, c’est la centralité du malade qui devra guider la lecture des textes sacrés et leur interprétation face aux dérives financières et à la folklorisation de la lutte contre l’épidémie. Le Professeur Kä Mana a également insisté sur la nécessité d’intégrer les recherches africaines sur le VIH-SIDA dans les stratégies de combat afin que la lutte devienne une vraie lutte africaine et non un moyen d’enrichissement de quelques-uns avec les fonds venus de l’étranger.
Après les 4 interventions, un débat de très haute qualité a uni les participants. Chacun et chacune d’entre eux ont contribué à enrichir la réflexion commune. On a ainsi vu tout l’intérêt qu’il y a à unir les forces religieuses dans la recherche des solutions communes sur les grandes questions de société. Chaque croyant, chaque croyante a cherché à puiser dans les richesses de sa tradition spirituelle pour éclairer les voies d’une lutte contre le VIH-SIDA.

Une vue des participants au colloque
Le professeur Kä Mana a présenté, à la fin de la journée, la synthèse des réflexions et des débats autour de 4 axes :
- promouvoir une vision globale de la pandémie pour mieux lutter contre elle ;
- développer les synergies entre l’action des pouvoirs publics, les médias et la société civile ;
- imaginer une approche africaine du problème centrée sur les recherches endogènes et la mobilisation des fonds en Afrique, grâce à l’action des communautés de foi ;
- unir ces communautés dans une approche commune de la question du VIH-SIDA.

De gauche à droite : Prof Kä Mana, Dr Jaap Breetvelt,
Pasteur Jean-Blaise Kenmogne
Pour conclure les travaux, le Pasteur Jean-Blaise Kenmogne, Directeur Général du CIPCRE, a exprimé le souci de mettre en place des mécanismes de suivi de la dynamique ainsi déclenchée. Il s'agira par exemple d'organiser une consultation nationale, voire panafricaine, sur la même problématique, de commencer à réfléchir sur les stratégies de mobilisation des communautés de foi, à l'occasion de la Campagne Semaines Pascales 2007, en vue d'un plaidoyer en faveur des victimes du VIH-SIDA et de publier les actes du présent colloque.
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| Une vue de quelques participants : séreinité et engagement |

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