Les
Cahiers d'Education Environnementale :
Lorsqu'en 1993, sur l'initiative d'un groupe d'élèves du Collège Elie Allégret de Mbô à Bandjoun, nous lancions le programme d'éducation environnementale aujourd'hui dénommé CIPCRE Scolaire et Universitaire (Programme CIPCRE-SU), nous étions loin d'imaginer qu'en sept ans seulement, ce Programme connaîtrait un si grand succès au Cameroun, mais également au Bénin et au Tchad. Au Cameroun par exemple, 10 écoles primaires, 32 lycées et collèges et 3 universités sont à ce jour partenaires de ce vaste programme qui vise à créer dans ces lieux d'éducation que sont les établissements scolaires et universitaires, des espaces où les élèves et étudiants acquièrent des connaissances en matière d'écologie et entreprennent des actions pour améliorer leur cadre de vie. Dans ce cheminement, nous avons accumulé une riche et féconde expérience. Il s'agit pour nous aujourd'hui de capitaliser dans des cahiers d'éducation environnmentale les expériences diverses acquises sur un thème donné, dans le but de les partager avec toutes celles et tous ceux qui sont, comme nous, engagés dans la dynamique de l'éducation environnementale. Notre souhait est que ces expériences impulsent chez toutes celles et tous ceux qui liront ces cahiers un désir de s'engager aussi dans la protection de l'environnement, afin d'initier et d'exécuter des actions en faveur de la sauvegarde de notre patrimoine commun qu'est notre milieu de vie. Nous sommes heureux de présenter ce premier cahier d'éducation environnementale sur les voyages d'études. C'est avec un grand plaisir que nous partageons avec vous qui nous lisez en ce moment, les expériences enrichissantes que nous avons vécues, ces dernières années, en matière de ce qu'on pourrait encore appelé voyage de découverte, sortie écologique ou écotourisme. Notre visée pédagogique dans ce domaine est d'apprendre par et pour l'environnement. Nous espérons que ceux qui liront ce cahier s'approprieront cette démarche pour que naisse enfin dans nos pays une éducation réconciliée avec notre milieu. Directeur Général
du CIPCRE La découverte du milieu avec ses difficultés et ses atouts est une composante importante de l'éducation environnementale. Le moyen le plus adapté pour entreprendre cette découverte c'est la sortie écologique ou le voyage d'étude. En même temps que les voyages d'étude répondent aux besoins de loisir, ils offrent des possibilités d'information, de sensibilisation et de formation sur les problèmes écologiques du milieu visité. C'est pourquoi le programme CIPCRE-SU dont le souci majeur est d'amener les jeunes scolaires et universitaires à prendre conscience des problèmes écologiques de leur milieu et à participer activement à la recherche des solutions, a fait cette activité une stratégie importante dans sa démarche pédagogique globale. Les premiers voyages organisés ont déclenché un tel engouement de la part des membres des Cellules CIPCRE-SU, qu'il a fallu réviser la stratégie pour mieux répondre à une demande plus élevée. Ainsi, depuis mars 1997, la formule des voyages nationaux a été remplacée par des voyages régionaux, qui permettent désormais aux membres des Cellules de mieux découvrir leur environnement proche. Le présent
cahier, qui établit autant que possible un équilibre entre
l'utile et l'agréable, le plaisir de voyager et la joie de découvrir,
le plaisir de faire une belle partie de promenade et le désir d'acquérir
de nouvelles connaissances est le résultat d'un processus dont
les grandes étapes sont :
Tels que nous les
concevons, les voyages d'étude s'articulent autour de quatre phases
qui sont : Les phases de l'organisation d'un voyage d'étude A) Préparation lointaine Elle consiste, quelques jours avant la visite, à identifier le milieu (savane, forêt, marécage, usine, plantation, etc.) les dangers inhérents à ce milieu (présence de faune, de végétaux épineux, des sols glissants, etc.). Il est également nécessaire de dégager la ligne directrice qui guidera l'étude et d'apprêter le matériel nécessaire. Ces préalables demande qu'une visite de reconnaissance des lieux soit effectuée. Cette phase de la préparation nécessite ce qu'on pourrait appeler les 10 commandements de la préparation. 1 - Prendre contact
pour négocier les conditions d'accueil : les horaires, les différents
tarifs, les discussions avec les personnes-ressources ; B) Préparation immédiate Il s'agit ici de réfléchir sur les contours du voyage afin de lui garantir un succès total. La priorité doit être accordée à l'acquisition des connaissances nouvelles. 1) Aspect matériel - Penser à
l'habillement approprié. Deux règles
doivent présider à la préparation matériel
à savoir : 1 - prévoir tous les détails ; 2) Aspect pédagogique Les discussions se
feront en groupe pour déterminer : Il est important
de constituer des groupes de travail de six à huit personnes de
manière hétérogène, avec dans chaque groupe
un rapporteur. 1 - Questions d'ordre
général sur le contexte social, culturel ; écologique,
historique, géographique du lieu à visiter ; Il faut toujours circonscrire les lieux à visiter et les objets à observer pour éviter le plus que possible la dispersion et la perte de temps. Dans une usine agro-alimentaire par exemple, on ne doit pas forcément parcourir toute la salle des machines ou tous les bureaux pour disposer des informations dont on a besoin. Bien prendre en considération
le thème du voyage, le projet à mettre en uvre, la
complexité des thèmes environnementaux, etc. A - Organisation du travail - Les groupes de visite
seront constitués de manière hétérogène
(animateurs, personnes ressources, élèves, et/ou étudiants,
filles et garçons). B - Déroulement des activités Suivant l'objectif et l'itinéraire fixés au départ, l'exploration s'articulera autour de tout ou une partie des axes suivants : 1) Exploration
du milieu physique 2) Exploration
de la végétation 3) Exploration
de la faune 4) L'action de
l'homme N.B.: Nous avons fait allusion à l'environnement physique naturel ou au milieu naturel. On peut avoir à explorer le milieu humain, le milieu technologique, le milieu culturel et idéologique, etc. Dans ces cas, la démarche n'est pas forcément la même. Selon les situations, on peut mettre l'accent sur l'observation des objets, leurs sens historiques, esthétique, symbolique, technologique, les problèmes qui en découlent, les causes de ces problèmes, les solutions Quoique contrôlant la stratégie générale de la sortie, l'enseignant prendra soin de susciter la réflexion et le partage en évitant " l'interventionnisme intempestif ". Il est question ici d'examiner les leçons à tirées du voyage et les actions à mettre en oeuvre. Les groupes de discussions doivent rédiger chacun un rapport à présenter lors d'une réunion sous la conduite de l'Animateur. Après les
amendements, un rapport doit être finalisé et mis à
la disposition : Il y a plusieurs
façons de capitaliser les acquis d'un voyage d'étude. On
peut par exemple préparer de nouvelles visites à l'aide
des critères d'interprétation des découvertes faites
lors des premières visites. Cela permettra de poursuivre plus en
profondeur, avec plus d'efficacité, l'exploration d'une problématique
ainsi que la recherche des solutions. On peut enfin, suite à la mise en évidence d'un problème, initier un projet d'action pour en apporter la résolution de ce problème. Pour stimuler la
réflexion, nous vous proposons ci-dessous des pistes de capitalisation
ou d'investissement : Il est conseillé que chaque participant au voyage répondre aux questionnaires préparatoires sous forme de rédaction ou de dissertation. Le contenu ne devrait pas dépasser quatre pages. Les meilleurs travaux peuvent être primés et publiés soit dans le journal de l'établissement, soit au journal mural, soit dans tout autre journal, plus particulièrement les journaux d'éducation environnementale. Un voyage d'étude ne commence pas au moment où un groupe se met en route pour visiter ou explorer un milieu proche ou lointain. Il ne s'achève pas au moment où l'on en revient. Toute une gamme d'activités sont à effectuer aussi bien en aval qu'en amont. Dans tous les cas, il faut toujours chercher à combiner les besoins de détente aux préoccupations pédagogiques, visant ainsi à permettre au jeune d'acquérir à la fois un savoir, un savoir-faire, un savoir-être et un savoir-devenir. Il est clair qu'au
bout d'un tel processus, pour prendre l'exemple d'une forêt, le
participant prendra conscience qu'une forêt est autre chose qu'un
vaste dédale d'arbres ou qu'une réserve de bois. C'est en
réalité une communauté d'êtres vivants dotée
d'une richesse, d'une fragilité, d'une dynamique, d'une histoire,
avec laquelle l'être humain peut interagir soit positivement, soit
négativement. La forêt, ainsi que le voyage qui a permis
de la découvrir prennent une signification nouvelle et enrichissante. Les Animateurs des cellules CIPCRE-SU, les responsables des clubs de l'environnement, les personnes engagées dans les activités d'éducation environnementale ou encore tout enseignant trouveront ici non des recettes, mais des repères pouvant leur permettre de cheminer sans risque d'égarement et d'atteindre les objectifs qu'ils peuvent se fixer lors d'un voyage d'étude. Le CIPCRE recevra avec joie les propositions, observations, ou critiques pouvant lui permettre d'enrichir davantage le présent cahier. Les auteurs :
Bibliographie - CIPCRE, L'écologie
à l'école, inédit , Bafoussam 1994. Pour toute information complémentaire, contactez nos services à l'adresse : CIPCRE,
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