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Les Cahiers d'Education Environnementale :
METHODOLOGIE D'ENQUETE

Introduction
I- Une enquête en éducation environnementale, pour quoi faire ?
II- Quelques règles indicatives pour évaluer la pertinence environnementale d'un sujet
III- Les différentes étapes d'une enquête en éducation environnementale
IV- Schéma pour présenter une fiche de recherche ou d'enquête
V- Conseils pour une bonne interview
VI- Quelques principes à observer dans la rédaction d'un travail d'enquête
Conclusion


Introduction

Il n'existe pas de grande différence entre une enquête ou une recherche appliquée en éducation environnementale et la recherche académique pure. La seule grande différence se trouve au niveau des objectifs. La recherche académique est généralement entreprise pour tester des hypothèses conceptuelles ou pour élaborer des principes théoriques ou des modèles explicatifs sur des thèmes neufs ou peu explorés. L'enquête en éducation environnementale a pour ambition de rassembler des données qui, pour la plupart ont été conçues par d'autres pour expliquer un problème écologique qui se pose à un milieu donné. C'est donc une recherche à échelle très réduite. La distinction est donc de degré et non de nature.

L'enquête en éducation environnementale s'apparente plus à ce que l'on appelle recherche appliquée à un problème local.

I- Une enquête en éducation environnementale, pour quoi faire ?

La réalisation d'une enquête en éducation environnementale est une activité qui permet d'apprendre à :
- délimiter un problème ;
- découvrir et rassembler une documentation y relative ;
- ordonner les matériaux ;
- conduire une réflexion personnelle sur le problème choisi ;
- établir des contacts directs avec des personnes, des institutions spécialisées ;
- communiquer les résultats de cette recherche à un public plus large ;
- faire avancer le combat écologique.

II- Quelques règles indicatives pour évaluer la pertinence environnementale d'un sujet

  1. L'objet doit porter sur un problème écologique reconnaissable et défini de telle manière qu'il soit perceptible également par les autres.
  2. Sur un tel objet, l'enquête doit dire des choses qui n'ont pas été dites ou le reconsidérer dans une optique différente de ce qui a été écrit.
  3. Le résultat doit être utile aux autres, c'est-à-dire capable d'influencer les opinions et le comportement de nos contemporains.

III- Les différentes étapes d'une enquête en éducation environnementale

1- Le choix du sujet

Le sujet doit toujours émerger d'un problème écologique local.

Toute enquête en éducation environnementale est motivée par un problème, un événement énigmatique dûment constaté :
- Pénurie alimentaire ;
- Changements climatiques ;
- Fréquences des maladies respiratoires ;
- Raréfaction de certaines espèces floristiques et fauniques ;
- Les Catastrophes naturelles.

2- La recherche des informations et les premières lectures

Cette opération permet d'avoir une première idée sur les aspects du problème à étudier qui ont déjà été identifiés ou traités par d'autres chercheurs. Il s'agira alors :
- d'identifier et de consulter quelques personnes compétentes ;
- d'identifier les documents pertinents . Pour ce faire, passer en revue les études retenues et en faire un court résumé ;
- de passer en revue les approches méthodologiques utilisées dans les autres études similaires ;
- de chercher dans la documentation antérieure, les lacunes relatives aux connaissances, et d'identifier les questions auxquelles on n'a pas trouvé de réponse.

3- L'énoncé systématique de l'objet d'étude ou fiche de recherche

Exprimer en une dizaine de lignes ou plus et avec beaucoup de précisions l'objet que vous voulez étudier et les contours de votre champ d'investigation. C'est ce qu'on appelle fiche de recherche ou d'enquête.

4- La confection d'un plan indicatif

Matérialiser et visualiser dans un plan les différentes dimensions du sujet. Il s'agit de présenter une première image du travail à accomplir. Ce plan indicatif qui peut être modifié à tout moment permet de planifier la recherche et les différentes étapes de la réalisation du travail.

5- L'élaboration d'un plan opérationnel détaillé

Etablir dans un plan les différentes étapes que vous comptez adopter pour résoudre le ou les problèmes. Celui-ci est réalisé de la manière la plus explicite possible avec des phrases complètes. Il contient également la définition des tâches qu'il vous appartient de réaliser pour élaborer chaque chapitre, voire chaque paragraphe.

6- La réalisation des tâches prévues dans le plan

Cette étape vise la collecte sur le terrain de toutes les donnés (quantitatives, qualitatives) relatives au thème ou au sujet d'étude. Pour ce faire :
- Mener des interviews. Dans le cas d'espèce choisir l'échantillon des interviews, préparer le guide des interviews et planifier les opérations sur le terrain ;
- Procéder à des observations directes sur le terrain et à des prélèvements ;
- Faire des analyses en laboratoire ;
- faire des recherches complémentaires dans les bibliothèques et les instituts de recherche.

7- Le bilan intermédiaire

Faire une lecture évaluative de tout le travail accompli afin de voir les modifications à apporter au plan opérationnel, au nombre ou au contenu des chapitres et paragraphes.

8- L'élaboration d'un plan de rédaction

Relire attentivement l'ensemble des dossiers constitués et produire le plan de rédaction qui doit établir la forme définitive du texte à publier. Ce plan est prioritairement orienté vers l'exposition de la démarche réalisée et des résultats obtenus. Il est explicite et détaillé depuis les chapitres jusqu'aux paragraphes en passant par les sections.

9- La rédaction finale

Rédiger de manière cohérente et dans un niveau de langue accessible à tous.

10- L'utilisation de la recherche

- La recherche en éducation environnementale est essentiellement une recherche orientée vers l'action.
- Rechercher les différentes utilisations possibles du document de l'enquête.

IV- Schéma pour présenter une fiche de recherche ou d'enquête

a- L'argument ou la problématique

Il s'agit ici de donner l'origine ou les raisons qui ont suscité l'enquête. L'idée d'une enquête suppose qu'il existe des problèmes. Quels sont-ils ?

Exemple : Suite à une information recueillie dans un journal local, et concernant la pollution à Douala, nous, membres des cellules CIPCRE-SU de ladite ville, avons entrepris un voyage d'étude à Minkwéle, une banlieue de Douala. Nous avons été scandalisés par un déversement anarchique des déchets industriels et une dégradation du milieu naturel (sol, air, eau, faune, flore…). Scandale d'autant plus grave que ce quartier fortement peuplé est traversé par un cours d'eau.

Cette situation nous a amenés à entreprendre une recherche en vue d'expliquer de manière scientifique ce cas d'atteinte à l'environnement et ses conséquences sur la vie. La question à laquelle l'étude se propose de répondre est la suivante : la forte dégradation de l'environnement est-elle une conséquence du déversement des déchets industriels dans la localité de Minkwéle ?

b- Objet ou objectif de la recherche

Il s'agit d'une étape essentielle, celle dont dépendront toutes les démarches ultérieures. En effet, le choix du but à atteindre détermine à la fois, le site ou la population à étudier, les moyens de recherche et les techniques à mettre en œuvre.

- Préciser l'objectif de la recherche, c'est déterminer ce que l'on veut décrire ou mesurer, définir ce que l'on retient, mais aussi écarter un certain nombre de problèmes, c'est-à-dire assigner des limites à l'enquête ;
- Préciser l'objectif de l'enquête consiste aussi à formuler des hypothèses vérifiables et à obtenir des résultats généralisables, c'est-à-dire ayant une grande portée.

Exemple : Notre étude a pour ambition de comprendre et de saisir l'ampleur de ce phénomène, de l'expliquer, d'analyser les acteurs afin de sensibiliser les parties prenantes sur les dangers que représentent ce site et dans un cadre plus large tous les sites de ce type qui existent dans notre pays.

Nous proposerons aussi quelques pistes de solutions pour mettre fin au scandale écologique que représente ce site.

c- La méthodologie d'approche

Il s'agit de parler de la démarche qui sera utilisée, de la façon dont les données seront recueillies et traitées.

Ici nous devons décrire :
- La manière dont le problème a été identifié ;
- Comment l'hypothèse a été formulée ;
- Comment le questionnaire a été construit et/ou le dispositif expérimental et/ou d'observation mis en place (matériel d'enquête, de laboratoire…) ;
- Comment le questionnaire a été administré et l'expérimentation / observation conduite sur le terrain ;
- Comment le traitement des informations a été mené ;
- Comment la rédaction du document a été réalisée ;

Exemple : Pour mener à bien notre étude, nous aurons recours à la documentation écrite sur le sujet. Nous effectuerons des collectes d'échantillons sur le site. Nous les analyserons en laboratoire. Nous mènerons des interviews auprès des tous les acteurs qui interviennent sur ce problème afin de recueillir leur sentiment, leur opinion ainsi que des informations supplémentaires. Nous ferons une collecte systématique de toutes les données disponibles.

d- Les résultats attendus

Il s'agit des réponses au problème central ou des résultats de la vérification de l'hypothèse ; il s'agit aussi de montrer les utilisations possibles de l'enquête.

Exemple : Au terme de l'étude, nous comptons pouvoir :
1- Faire une description détaillée et scientifique du site et du danger qu'il fait courir à la population et à l'environnement ;
2- Utiliser ce travail pour sensibiliser les responsables politiques, administratifs, religieux et académiques sur les risques que la pollution fait courir à l'environnement ;
3- Proposer des pistes de solutions pour résoudre ces graves problèmes de pollution.

e- Perspectives à long terme

Il s'agit de préciser le prolongement de l'enquête dans une vision plus large.
Exemple :
- contribuer à une prise de conscience globale sur les problèmes environnementaux ;
- contribuer à la mise sur pied d'une politique nationale de protection de l'environnement.

V. Conseils pour une bonne interview

1- Le choix de l'échantillon

Le choix de l'échantillon des personnes à interviewer doit suivre les étapes suivantes :
- définir le type de groupe à interviewer ;
- délimiter le nombre de chaque type ;
- mettre sur pied des critères de sélection de personnes dans chaque type de groupe.

2- Comment concevoir un questionnaire

Maintenir le questionnaire aussi court que possible en écartant les questions redondantes, celles dont les réponses varient peu ou qui ne seront pas utiles lors de l'analyse.

a- L'ordre et l'agencement des questions

a1-Commencer par des questions faciles, neutres, mais utiles. Placer les questions difficiles ou délicates (politique et démographique) vers la fin du questionnaire.
a2-
Pour l'information sur les résidences et les emplois successifs ou autres antécédents, suivre un ordre chronologique direct ou inversé.
a3-
Pour les interviews personnelles, utiliser la technique de l'entonnoir en posant les questions générales avant les questions spécifiques, afin d'éviter qu'une question n'éclipse la suivante.
a4-
Si les questions couvrent plusieurs sujets, terminer avec un, avant d'aborder le suivant.
a5-
En passant d'un sujet à l'autre, utiliser des formules de transition pour aider le sondé à passer mentalement au nouveau sujet.
a6-
Disposer les questions de façon à réduire la monotonie de l'interview et éviter des réponses mécaniques.
a7-
La première page ou une partie du questionnaire doit contenir l'information servant à l'identification du répondant.

b- Quelques types de questions

b1- Les questions fermées
Elles demandent une réponse courte, en général "oui" ou "non". On doit les utiliser très peu. En général ces questions n'incitent pas à réfléchir en détail sur la question posée.
Exemples :
1- Avez-vous entendu parler de la pollution ?
2- Avez-vous déjà jeté les ordures dans cet endroit ?

b2- Les questions tendancieuses
Ce sont celles qui laissent percevoir, dans leur formulation, l'opinion de l'enquêteur ou la réaction qu'il attend. Ces questions doivent être évitées.
Exemple : Ne pensez-vous pas que telle industrie est responsable de cette pollution ?

b3- Les questions ouvertes
Elles appellent des réponses plus détaillées et plus complexes. Il faut en faire un grand usage, afin de stimuler la conversation et d'inciter l'interlocuteur à répondre de façon plus complète.
Exemple 1 : Vous qui habitez depuis 10 ans près de ce dépôt d'ordures, pouvez-vous nous décrire son évolution ?
Exemple 2 : Pouvez-vous nous dire les sentiments que cela suscite en vous ?

b4- Les questions d'approfondissement
On les utilise afin d'obtenir de l'interlocuteur des éléments d'informations complémentaires à ceux déjà donnés.
Les questions d'approfondissement sont aussi des questions ouvertes.
Exemple 1 : Qu'entendez-vous par cela?
Exemple 2 : Pouvez-vous me l'expliquer plus en détail ?
Exemple 3 : Je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous voulez dire par....
L'enquêteur doit écouter son vis-à-vis avec beaucoup d'attention, et utiliser les techniques d'approfondissement afin d'obtenir des informations plus complètes que celles contenues dans la première réponse, au cas où celle-ci est superficielle.
Exemple : Premières réponses - Questions d'approfondissement
1- Les gens de la ville méprisent ceux qui habitent le village.
1- Qu'est-ce qui vous fait dire cela?
2- Les problèmes des déchets-là sont très compliqués
2- Pourquoi est-ce qu'ils sont compliqués?

3- Comment mener l'interview sur le terrain ?

- Présentez vous ou faites-vous présenter par le guide avant de poser les questions.
- Expliquer brièvement l'objet de l'enquête et citez les autorités qui l'ont approuvée. Présenter les preuves d'authenticité de votre statut d'enquêteur ou lettre d'autorisation, si nécessaire.
- Soyez sûr(e) de vous et ne paraissez pas inquiet(e) ou prudent(e). Si vous communiquez à votre interlocuteur un sentiment d'inconfort ou d'insécurité, vos intentions lui seront immédiatement suspectes.
- Parlez d'un ton naturel qui mette votre interlocuteur à l'aise. Connaissez parfaitement les questions pour ne pas avoir l'air de les lire, sur un ton solennel en plus.
- Ne vous engagez pas dans les explications trop longues sur l'enquête. Tenez-vous en aux textes explicatifs que vous avez conçus.
- Posez les questions exactement comme elles sont formulées dans les questionnaires (avec d'éventuelles petites modifications en fonction de la nature du dialogue). Les questions doivent être posées de façon identique à tous les enquêtés de la même catégorie afin que les réponses puissent se combiner et s'interpréter rationnellement.
- Posez les questions d'une manière respectueuse et ne donnez pas l'impression que certaines réponses sont "meilleures" que d'autres.
- Ne manifestez ni en parole ni par le regard surpris, satisfaction ou désapprobation à l'égard d'une réponse. Le moindre changement d'expression pourra signaler à votre interlocuteur une réaction de votre part à sa réponse.
- Si une réponse vous semble vague, répétez la question exactement comme elle est formulée ou d'une façon légèrement modifiée (si cela a été décidé au cours de la préparation) en prenant soin de ne pas en modifier le sens et d'influer sur la réponse de votre interlocuteur. Si ce dernier paraît incertain sur le sens de la question, consignez la réponse telle qu'elle est formulée.
- Pour des raisons personnelles ou culturelles, certaines personnes seront réticentes à parler de sujets délicats tels que l'âge, le responsable de tel phénomène. Dans ce cas, vous devrez faire preuve de doigté et d'égards en posant la question.
- Enregistrer textuellement les réponses aux questions ouvertes sans paraphraser ni interpréter. Les termes exacts utilisés pour décrire une opinion ou une attitude sont importants.
- Acceptez toujours le blâme pour un défaut de communication. Si votre interlocuteur trébuche sur une question, dites-lui que vous l'avez peut-être mal posée ou que vous l'avez lue trop rapidement. Ne le laissez jamais penser que la question est trop difficile pour lui.
- Avant de clore l'interview, revoyez le questionnaire et assurez-vous que toutes les questions ont été posées et que les réponses ont été transcrites de manière lisible.

VI. Quelques principes à observer dans la rédaction d'un travail d'enquête

1. Tout travail d'enquête est une démonstration

Il s'agit de prouver quelque chose ou de démontrer une hypothèse. Il faut préciser le sujet, faire une analyse, définir rigoureusement les termes utilisés. Une règle d'or : la progression logique et deux questions essentielles : comment et pourquoi ?

2. La qualité essentielle d'un travail d'enquête consiste à faire voir le sujet, rien que le sujet et tout le sujet

La démonstration ne doit pas dévier. Deux écueils à éviter : la digression ou la parenthèse et l'éclatement ou l'élargissement excessif du sujet.

3. La cohérence et la non-contradiction

Un bon travail de synthèse finale doit s'appuyer sur une bonne démonstration. Or le propre d'une démonstration c'est d'être cohérente et équilibrée.
- Cohérence d'ensemble entre les différents chapitres (titrage, idée) ;
- Cohérence interne au niveau de chaque chapitre (libellé, sous-titrage, idées)
- Equilibre entre les différentes parties ou les différents chapitres.

S'il y a contradiction, le raisonnement ne vaut rien.

4. Pas d'allusion sans explication

De deux choses l'une, ou bien l'allusion est inutile voire déplacée, et il ne fallait pas la faire : c'est une marque de pédantisme inutile, d'ostentation ridicule ou bien l'allusion est utilisable et dans ce cas, il ne faut pas rester dans le vague ou se contenter d'une brève et imprécise suggestion : il faut appuyer, expliciter, et ne jamais rester dans le vague.

5. Toute démonstration doit s'appuyer sur des faits

Les arguments, les idées et les faits sont les preuves qui soutiennent toute démonstration. Pour tout chapitre ou tout paragraphe, il faut noter les principales idées, les numéroter, les cataloguer, les classer dans l'ordre où l'on souhaite les voir entrer dans le corps du texte. En écologie, les idées, les exemples et les citations ne suffisent pas. Le fait concret, bien organisé autour d'un problème, constitue la pierre de touche de tout le travail.

6- Toute démonstration doit être étayée par des données quantitatives et qualitatives, suffisantes, variées et fiables :

- Interviewer des échantillons représentatifs des principales catégories socioprofessionnelles (acteurs).
- Données chiffrées sur le problème posé.
- Références bibliographiques, notes de bas de page, photos, croquis, diagrammes…

7- Démontrer, c'est prendre position

Tout travail écologique est militant. Il a pour ambition d'influencer l'opinion et le comportement du lecteur. Dans ce genre d'exercice, les preuves ne sont jamais si bonnes que lorsqu'elles ont été vécues. Les arguments ici doivent être effectifs, c'est-à-dire directs, sentis, vivants, pensés par soi-même et non notionnels, c'est-à-dire abstraits, théoriques, pensés du bout des lèvres.

Le militantisme écologique ne s'arrête pas à la simple dénonciation. Il implique aussi des propositions réalistes et fiables.

Conclusion

Nous n'avons pas voulu rédiger un traité de méthodologie. Notre objectif était de rassembler en un seul document, quelques conseils destinés aux étudiants membres des cellules CIPCRE-SU qui veulent entreprendre des enquêtes sur les problèmes environnementaux de leur milieu de vie.

Le chemin est donc déblayé. Certains sujets ont été seulement effleurés et même laissés dans l'oubli ; à l'exemple des contraintes des ressources financières et matérielles, ainsi que des aptitudes de celui qui veut mener une enquête.

L'important à notre avis, c'est d'avoir tracé des pistes pour mener une enquête ou un travail de terrain en éducation environnementale. Ce faisant, nous avons initié ceux qui s'engagent sur ce terrain à l'écologie qui, à notre avis, est une science du réel, c'est-à-dire où l'on est directement confronté aux conséquences parfois dramatiques de l'action de l'homme sur l'écosystème et sur lui-même.

Faire une enquête consiste donc à établir un diagnostic, à analyser les multiples facettes de cette action et s'il était possible, à proposer des solutions qui vont dans le sens d'une meilleure protection de notre environnement.

Une chose est certaine : c'est que, dans la recherche, aucune vérité n'est acquise et aucune interprétation n'est définitive et absolue. Elles se construisent chaque jour en fonction du contexte, des outils à notre disposition et des problèmes soulevés. Aussi quels que pertinents que soient les conclusions et les résultats de notre analyse, nous devons rester toujours modestes.

L'auteur :
Emmanuel TCHUMTCHOUA


Indications Bibliographiques

- CIPCRE, L'écologie à l'école, inédit, Bafoussam, 1994.
- CIPCRE, L'écologie dans les lycées et collèges, inédit, Bafoussam, 1994.
- FRAGNIERE (Jean-Pierre), Comment réussir un mémoire, Paris, Bordas, 1986.
- GRAWITZ (Madeleine), Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 1993.
- MOUSNIER (Roland), HUISMAN (Denis), L'art de la dissertation historique, Paris, Société d'Edition d'Enseignement Supérieur, 1960.
- SAUVE (Lucie), Pour une éducation relative à l'environnement : éléments de design pédagogique, Montréal, Guérin, 1997.
- UNESCO-PNUE, Vers une pédagogie des solutions des problèmes, Paris, UNESCO, 1986.
- UNESCO-PNUE, L'éducation relative à l'environnement : principes d'enseignement et d'apprentissage, Paris, UNESCO, 1986.
- VANDERSCHAEVE, J., "Préparer une sortie écologique", in Journal des Instituteurs de France.

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