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Oxygène

Par James AKIKA

Si la femme était un parti…

J’aime les femmes. Pas pour ce que vous croyez, esprits pervers ! J'aime les femmes, d’abord et finalement parce que ma mère, que j’aime beaucoup, est une femme. Elle me l’a dit. Elle à qui, après Dieu, je dois la vie.

Et parce que j’aime les femmes, j’aime le "gender", qui combat l’inégalité et l’exclusion dont les filles d’Eve sont victimes depuis la nuit des temps, et notamment depuis cette piteuse histoire de tentation et de pomme d’Eden, qui a laissé un goitre aux mâles, et débridé la marche de l’univers.

Les pauvres ! Elles sont 51, 52, 53 % de l’espèce humaine ; elles constituent 60 à 99 % des foyers polygamiques ; elles sont 99,99% des bayam-sellam de nos marchés de vivres ; c’est elles qui, à 100 %, portent les grossesses et accouchent, pour multiplier et perpétuer l’homme. Elles ont la majorité partout, plus confortables que certaines "majorités présidentielles"…minoritaires.

Si donc la femme était un parti politique mondial, et si le monde était un Etat démocratique, c’est elle qui gouvernerait notre terre et chacune de ses provinces, n’est-ce pas ?

Et pourtant, regardez les gouvernements de nos pays : un, deux, trois ou quatre bouts de postes seulement – et encore !- sur une cinquantaine de maroquins et assimilés. Et quand on atteint les 10 % par exemple, on s’en vante tellement, et les femmes en premier…

Regardez les taxis : les ¾ de leurs clients sont les femmes. Mais comptez les taxiwomen : zéro ! Mesdames, qu’est-ce qui vous bloque ? Et pourquoi vous laissez ?

Regardez les généraux et autres officiers supérieurs des armées, ceux-là qui font et défont les pouvoirs. Tous des hommes. Certes, leur âge est plutôt avancé, ce qui veut dire qu’ils ont commencé tôt ces choses-là. Mais, n’existait-il pas de femme à cette époque-là, si lointaine soit-elle ?

Regardez les courses de chevaux français, qui délestent tant nos compatriotes déjà si pauvres. Les croupes de ces bêtes-là, on dirait qu’elles ne peuvent supporter les drivers mâles. Pourquoi cette exclusion-là, même là ? Pourtant, Dieu sait si la femme sait monter !

Regardez le football ! Ah, le foot, la coqueluche, le Sport-roi, qui fait courir les valets, les rois et les milliards ! Ici, l’injustice atteint les sommets.

Certes, il y a le football féminin. Pour rire. Pour se rincer l’œil. C’est comme si, dans une classe, un maître parquait les cancres au fond de la salle. Discrimination. Le foot sérieux, celui dont on parle sérieusement, celui pour lequel les appétits sont assassins, celui qu’on célèbre dans les Mundial et les CAN, celui dont les acteurs et les trophées sont portés aux nues, c’est le foot masculin. Pas une femme parmi les joueurs, pas une encadreuse, pas une arbitre. Seulement des danseuses et des applaudisseuses. Discrimination…

C’est plutôt ennuyeux, n’est-ce pas, pour quelqu’un qui , comme moi, aime les femmes, le foot et le "gender". Et dire qu’aucune Décennie internationale de la Femme, aucune Année, aucune Journée mondiale n’a jamais rien changé à la situation ! Aucun Beijing non plus.

C’est dommage ! Et pourtant, il ne faut pas se décourager. Le jour viendra où sera organisé un Mundial vraiment mondial, incluant les 52 % de l’humanité.


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