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La pollution dans une mégapole en crise :
Le cas de Kinshasa en R.D.C
Rév. LOMBO SEDZO Laddy

A l'instar des autres grandes cités africaines, Kinshasa est frappée de plein fouet par une pollution multiforme. Qu'aggrave une situation de crise économique aiguë. Coup de projecteur sur le dysfonctionnement du cadre de vie dans cette mégapole.

L'environnement comprend des aspects naturels et humains. Les systèmes naturels de l'environnement sont fournisseurs d'espaces et de ressources nécessaires à la vie, d'où une interaction dynamique entre les sociétés humaines et les systèmes naturels. Cet environnement, dont l'homme est à la fois produit et créateur est constitué de trois éléments fondamentaux dont dépend la vie. Il s'agit de l'eau (hydrosphère), du sol (lithosphère) et de l'air (atmosphère).

Ces trois éléments naturels sont si intimement liés les uns aux autres que l'absence ou l'affectation de l'un provoque le déséquilibre de la vie. L'homme a donc le devoir de les gérer avec prudence. Malheureusement, à Kinshasa, les déchets tant solides, liquides que gazeux ont dégradé tout le cadre de la vie de l'homme et généré une pollution multiforme.

La pollution du sol à Kinshasa est due à la décomposition organique, chimique ou physico-chimique des ordures variées et des épaves des véhicules. Il y a également la présence des micro-organismes rejetés dans les excréments humains ou d'animaux, qui sont susceptibles de contaminer d'autres personnes. Mégapole de plus de 7. 000.000 d'habitants, Kinshasa ne dispose pratiquement pas de sanitaires publiques.

La pollution de l'eau par les déchets de l'activité humaine y est de plus en plus courante. Les eaux de Kinshasa renferment beaucoup de germes pathogènes, ce qui présente de gros risques pour la santé de l'homme. Une enquête menée auprès de deux centres de santé de la commune de Kasa-Vubu entre le premier trimestre 1995 et le premier trimestre 1996, a donné les résultats suivants : poliomyélite : 0 cas, soit 0 %; hépatite : 6 cas, soit 0,17 % ; spirochétose : 0 cas, soit 0 % ; typhoïde: 76 cas, soit 2,17 % ; choléra : 9 cas, soit 0,26 % ; amibiase : 102 cas, soit 2,91 % ; paludisme : 986 cas, soit 28,15; diarrhée rouge : 4 cas, soit 0,11 % ; diarrhée banale : 119 cas, soit 3,40 % ; parasitose : 501 cas, soit 14,30 %. Les cas de maladies non liées à la pollution pendant la même période sont au nombre de 1700, soit 48,53 %.

Comme on peut le constater, la pollution fait des dégâts immenses dans notre ville. A elle seule, elle provoque 51,47 % de cas de maladies tandis que toutes les autres maladies d'origines diverses ne représentent que 48,53 % de fréquentation hospitalière.

La pollution de l'air à Kinshasa est causée par le chauffage domestique, les véhicules automobiles dont la plupart fument, les usines et les décharges brutes. Lors de la décomposition des substances biodégradables, il y a cassure des molécules et libération de substances chimiques simples. Celles qui sont volatiles comme le souffre, le chlore et l'oxygène, rentrent dans l'atmosphère.

Tous ces types de pollution dont souffre la ville de Kinshasa, proviennent de plusieurs sources dont les principales sont : les ménages, les ateliers artisanaux, les écoles, les hôpitaux, les usines, les marchés, les centres commerciaux, les stades ainsi que des bureaux des différentes administrations. Ils sont dus à l'absence d'une politique générale de gestion et d'administration de la ville, à l'insuffisance d'une éducation relative à l'environnement urbain et bien plus, à la maigreur des moyens matériels et humains destinés à améliorer le cadre de vie des citadins.

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