ECOVOX

Pollution multiforme :
Il ne suffit point d'interdire
Eugène FONSSI
De nombreux déchets échappent à la législation de plus en plus contraignante des pays développés pour trouver asile en Afrique. Tour d'horizon.
Vous qui arpentez chaque jour les pistes et les rues de nos villes, regardez bien autour de vous. Parmi mille et une curiosités vous découvrirez des graffitis sur les murs et surtout des plaques estampillées : 'Il est interdit d'uriner ici' ou alors, 'de jeter les ordures ici.' Le comble du scandale ,c'est qu'à ces endroits précis, il n'est pas rare de rencontrer untel ou unetelle, en train de faire exactement ce qui est interdit. N'allez surtout pas croire que ceux qui se comportent de cette manière ne savent ni lire ni écrire !Autant que vous et moi ils ont été à l'école. De longues années durant. Mais d 'où vient -il, me demanderez- vous, qu'ils transgressent si allègrement les règlements et empestent nos villes de leurs déchets intimes et ménagers ?
La première explication qui vaille est à rechercher dans le contexte culturel. De nombreux citadins continuent de vivre comme au village, affichant des comportements façonnés par nos traditions millénaires dont nos villes essaient tant bien que mal de perpétuer et les pratiques et le souvenir. De la ruralité en plein cur de l'urbanité, il fallait y penser ! Pas étonnant que nos citadins 'ruralisés' ou si vous voulez, nos villageois urbanisés se soulagent derrière leurs maisons, ni qu'ils balancent leurs ordures à travers la fenêtre, au grand dam du voisin et de la salubrité publique.
La deuxième raison tient au fait que très souvent, l'on se retrouve dans une situation qui n'offre aucune alternative. L'interdiction ici se vide de sa substance pour n'apparaître plus que comme une stratégie utilisée par les gestionnaires municipaux pour se donner bonne conscience.
L'on comprend dès lors que l'interdiction ne suffise point pour obtenir un comportement écologiquement responsable. Il faut imaginer et mettre en place des solutions de rechange : les décharges contrôlées et les toilettes publiques sont les premiers pas à faire pour qu'à la culture de l'interdiction s'ajoute ou se substitue une culture de la permission. L'on ne peut en effet mieux observer un interdit que si, au-delà de l'épouvantail de la répression qu'il agite, il laisse entrevoir et espérer la possibilité de ce qui est permis.