La Chefferie traditionnelle
D'hier à aujourd'hui |
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Qu'est-ce que les chefferies traditionnelles étaient à l'origine au Cameroun ? Comment ont-elles évolué ? Repères pour comprendre. |
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Pascal Aimé MBOKOUOKO, Chef traditionnel |
Sous l'aministration française
Avec l'avènement de l'administration
française, les chefs traditionnels
sont mis au pas par de
nombreuses mesures de commandement :
- les décrets du 23 mars 1921 et du 21
février 1925 déterminant les attributions
du Commissaire de la République
Française dans les territoires du
Cameroun ;
- le décret du 31 juillet 1927 portant réorganisation
de la justice indigène au
Cameroun ;
- l'arrêté 244 du 24 février 1933 fixant le
statut des chefs indigènes.
Cet arrêté précise en effet :
- Dans son article 1, comment est établie
la hiérarchie entre un chef supérieur et un
chef de village en passant par le chef de
groupement. Le chef supérieur et le chef
de groupement sont nommés sur proposition
du chef de circonscription, tandis que
les chefs de village étaient nommés sur
proposition du chef de subdivision (art.2).
- L'article 4 précise que les chefs indigènes
sont notés annuellement par le chef
de circonscription et l'article 8 décrit
même leur uniforme.
- Dans son article 7, alinéa 1, les chefs
supérieurs et de groupement sont destitués
par le Commissaire de la République sur
proposition du chef de circonscription -et
les chefs de village par le chef de circonscription
avec approbation du chef de subdivision
(article 7, alinéa 2). La docilité et
l'obédience étaient des critères importants
pour la nomination d'un chef indigène.
- Les chefs qui faisaient preuve d'indépendance
d'esprit étaient purement destitués,
à l'instar du Sultan Oumar Adjara de Mora
qui fut remplacé par son 4ème fils Amada
en 1922 ; du chef Nono de Bangwa en
1930 ; du Sultan Njoya de Foumban en
1930 également ; du Lamido de Maroua
en septembre 1959 et de celui de
Ngaoundéré en 1963.
Sous l'aministration britanique
Au contraire des Français, les
Britanniques, par l'instauration de l'" indirect
rule " laisseront une plus grande
marge de manoeuvre aux chefs traditionnels
de la zone anglophone. Sur la base
d'un texte légal, le " Native Authorities
Ressettlment Act ", ils préciseront les
contours de ce nouveau style de gouvernance.
A l'ère du Cameroun indépendant
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Sous le Cameroun indépendant,
trois textes seront élaborés : le Décret
77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation
des chefferies traditionnelles harmonise
les régimes francophone et anglophone
; ce décret sera complété par le
décret-loi 79/17 du 30 juin 1979 fixant les
dispositions à prendre pour trancher certains
litiges liés à la désignation des Chefs
traditionnels et plus tard par le décret N°
82/241 du 24 juin 1982.
En dépit des efforts de règlementation
des chefferies traditionnelles, il y en
a qui ne restent pas moins aujourd'hui piégées
dans d'énormes contradictions : certains
chefs traditionnels, outrepassent leurs
cahiers des charges et soumettent leurs
sujets à l'esclavage quand ils ne narguent
pas tout simplement l'administration
locale, impunément |
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