Dans la plupart des pays en développement,
la corruption est
d'abord et avant tout une gangrène
de l'appareil d'Etat et dans une moindre
mesure du secteur privé qui est partenaire de
l'Etat dans la gestion quotidienne des biens et
services. Etant donné que ce fléau porte un
coup dur aux efforts de développement, la
société civile s'est invitée dans la bataille
pour une meilleure gouvernance des affaires
publiques.
Suivi indépendant
Au Cameroun en particulier, depuis
bientôt deux ans, deux réseaux d'acteurs de la
société civile, se sont engagés dans le suivi
indépendant et physique des réalisations du
gouvernement camerounais dans le cadre du
BIP (Budget d'Investissement Public) pour le
compte de l'année budgétaire 2007 et du programme
C2D (Contrat Désendettement
Développement) de la coopération française.
Il s'agit pour le premier, du réseau
Dynamique Citoyenne et pour le second de la
Plate Forme d'information et d'action sur la
dette du Cameroun. Ces deux réseaux qui
comprennent des associations, des ONG, des
syndicats et des fondations se sont donnés
comme orientations stratégiques de constituer
au sein de la société civile Camerounaise
un noyau structuré jouant un rôle de contre
pouvoir dans le débat public, de force de
pression auprès des décideurs, de structure
d'interpellation et de proposition dans l'élaboration
et la mise en oeuvre des politiques
publiques et des stratégies de coopération. C'est ainsi que Dynamique Citoyenne a réalisé
le suivi physico-financier de l'exécution
du budget de l'Etat dans trois des dix provinces
du Cameroun. Avec les leaders des OSC
des provinces concernées, ce réseau a initié
une analyse macro économique du budget de
l'Etat afin de les préparer au plaidoyer pour la
prise en compte des priorités locales de développement
des populations. Egalement, au
courant mai 2008, la plate forme d'information
et d'action sur la dette du Cameroun a
entrepris de mener une enquête sur l'utilisation
des fonds mis à la disposition des pouvoirs
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publics camerounais dans le cadre du
C2D. Cette enquête qui couvre les 10 provinces
du Cameroun s'étend sur les secteurs suivants
: éducation de base, notamment au
niveau de la contractualisation des IVAC, la
santé et la lutte contre le VIH-SIDA, les
infrastructures, l'agriculture et la sécurité alimentaire,
et enfin l'environnement et la biodiversité.
Il s'agit pour la plate forme de réaliser
le suivi de la mise en oeuvre du programme
C2D dans le but de garantir une utilisation
effective et transparente des fonds
issus de l'allègement de la dette au profit des
populations.
Dénonciation
La société civile dans sa composante
presse indépendante, a joué un rôle de
premier plan dans la dénonciation du fléau de
la corruption. La télévision, à l'instar de
Canal 2 ou d'Equinoxe, la presse écrite
notamment Mutations, le Messager et la
Nouvelle Expression, les radios comme
Magic FM et Equinoxe, ont rivalisé d'adresses
dans les enquêtes sur de nombreuses
affaires de corruption qu'elles ont abondamment
documentées et dénoncées énergiquement.
Sensibilisation
La société civile dans sa composante
presse indépendante, a joué un rôle de
premier plan dans la dénonciation du fléau de
la corruption. La télévision, à l'instar de
Canal 2 ou d'Equinoxe, la presse écrite
notamment Mutations, le Messager et la
Nouvelle Expression, les radios comme
Magic FM et Equinoxe, ont rivalisé d'adresses
dans les enquêtes sur de nombreuses
affaires de corruption qu'elles ont abondamment
documentées et dénoncées énergiquement.
Sensibilisation
Dans la croisade contre la corruption,
la sensibilisation est régulièrement utilisée
par TI qui, chaque année, publie le classement
mondial des pays les plus corrompus.
Le souci clairement affiché par cette structure
étant de parvenir à décider les gouvernements
à s'attaquer de front à ce fléau, malgré
la gène qu'ont régulièrement les décideurs de
nos pays chaque fois qu'est publié le baromètre
mondial de la corruption. C'est en effet
dans le registre de l'exigence des actes significatifs
contre la corruption et la criminalité
financière qu'il convient de ranger l'action de
cette ONG allemande qui ne se limite pas à la
simple publication de l'index de perception
de la corruption (IPC). A travers son action,
TI cherche manifestement à donner " une
image choquante " du degré de développement
de la corruption dans les pays concernés
en vue d'amener leurs dirigeants à intensifier
la lutte contre le fléau. Il a également
mené une série d'études pays sur les systèmes
nationaux d'intégrité. L'objectif affirmé était
d'aider les autorités à promouvoir la bonne
gouvernance à partir de l'analyse des forces
et faiblesses des différents piliers d'intégrité
au regard des textes en vigueur, de la réalité
vécue, de l'analyse des interactions qui existent
entre ces différents piliers afin de dégager
les actions à mener pour garantir leur
solidité et instaurer une tradition d'éthique
dans la vie publique. Pour TI, l'une des meilleures
stratégies à long terme de lutte contre
la corruption c'est de " renforcer les piliers
d'intégrité " des pays, notamment en favorisant
le bon fonctionnement, l'autonomie et
l'indépendance des institutions et des secteurs
d'activités spécifiques qui contribuent à
l'intégrité, la transparence et l'obligation redditionnelle
dans la société.
Education
L'éducation est aussi une arme
déployée par la société civile pour endiguer
la corruption. Des organisations de la société
civile telles que le SeP (Service OEcuménique
pour la Paix), le CIPCRE, le GNGG (Global
Network for Good Governance) et le CIIRE
(Centre Interdisciplinaire et Interreligieux de
Recherche Ethique) ont fait de la formation
et de l'éducation des populations en général
et des hommes d'Eglises, des journalistes et
des jeunes en particulier leur cheval de
bataille dans les stratégies de lutte contre la
corruption. Un point d'orgue a été mis sur la
formation des para-juristes par le SeP, alors
que le GNGG s'est attelé à l'éducation pour
l'adoption d'un profil général d'intégrité au
niveau de la jeunesse camerounaise.