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LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
Le rôle de la société civile

Depuis l'avènement de la loi sur la liberté d'associations et la naissance en 1993 de l'ONG allemande Transparency International, le rôle de la société civile dans la lutte contre la corruption s'est considérablement accru. Comment se décline ce rôle ?
 
Pascal Aimé MBOKOUOKO, Cadre de développement

Dans la plupart des pays en développement, la corruption est d'abord et avant tout une gangrène de l'appareil d'Etat et dans une moindre mesure du secteur privé qui est partenaire de l'Etat dans la gestion quotidienne des biens et services. Etant donné que ce fléau porte un coup dur aux efforts de développement, la société civile s'est invitée dans la bataille pour une meilleure gouvernance des affaires publiques.

Suivi indépendant

Au Cameroun en particulier, depuis bientôt deux ans, deux réseaux d'acteurs de la société civile, se sont engagés dans le suivi indépendant et physique des réalisations du gouvernement camerounais dans le cadre du BIP (Budget d'Investissement Public) pour le compte de l'année budgétaire 2007 et du programme C2D (Contrat Désendettement Développement) de la coopération française.

Il s'agit pour le premier, du réseau Dynamique Citoyenne et pour le second de la Plate Forme d'information et d'action sur la dette du Cameroun. Ces deux réseaux qui comprennent des associations, des ONG, des syndicats et des fondations se sont donnés comme orientations stratégiques de constituer au sein de la société civile Camerounaise un noyau structuré jouant un rôle de contre pouvoir dans le débat public, de force de pression auprès des décideurs, de structure d'interpellation et de proposition dans l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques publiques et des stratégies de coopération. C'est ainsi que Dynamique Citoyenne a réalisé le suivi physico-financier de l'exécution du budget de l'Etat dans trois des dix provinces du Cameroun. Avec les leaders des OSC des provinces concernées, ce réseau a initié une analyse macro économique du budget de l'Etat afin de les préparer au plaidoyer pour la prise en compte des priorités locales de développement des populations. Egalement, au courant mai 2008, la plate forme d'information et d'action sur la dette du Cameroun a entrepris de mener une enquête sur l'utilisation des fonds mis à la disposition des pouvoirs
 

publics camerounais dans le cadre du C2D. Cette enquête qui couvre les 10 provinces du Cameroun s'étend sur les secteurs suivants : éducation de base, notamment au niveau de la contractualisation des IVAC, la santé et la lutte contre le VIH-SIDA, les infrastructures, l'agriculture et la sécurité alimentaire, et enfin l'environnement et la biodiversité. Il s'agit pour la plate forme de réaliser le suivi de la mise en oeuvre du programme C2D dans le but de garantir une utilisation effective et transparente des fonds issus de l'allègement de la dette au profit des populations.

Dénonciation

La société civile dans sa composante presse indépendante, a joué un rôle de premier plan dans la dénonciation du fléau de la corruption. La télévision, à l'instar de Canal 2 ou d'Equinoxe, la presse écrite notamment Mutations, le Messager et la Nouvelle Expression, les radios comme Magic FM et Equinoxe, ont rivalisé d'adresses dans les enquêtes sur de nombreuses affaires de corruption qu'elles ont abondamment documentées et dénoncées énergiquement.

Sensibilisation

La société civile dans sa composante presse indépendante, a joué un rôle de premier plan dans la dénonciation du fléau de la corruption. La télévision, à l'instar de Canal 2 ou d'Equinoxe, la presse écrite notamment Mutations, le Messager et la Nouvelle Expression, les radios comme Magic FM et Equinoxe, ont rivalisé d'adresses dans les enquêtes sur de nombreuses affaires de corruption qu'elles ont abondamment documentées et dénoncées énergiquement. Sensibilisation Dans la croisade contre la corruption, la sensibilisation est régulièrement utilisée par TI qui, chaque année, publie le classement mondial des pays les plus corrompus. Le souci clairement affiché par cette structure étant de parvenir à décider les gouvernements à s'attaquer de front à ce fléau, malgré la gène qu'ont régulièrement les décideurs de nos pays chaque fois qu'est publié le baromètre mondial de la corruption. C'est en effet dans le registre de l'exigence des actes significatifs contre la corruption et la criminalité financière qu'il convient de ranger l'action de cette ONG allemande qui ne se limite pas à la simple publication de l'index de perception de la corruption (IPC). A travers son action, TI cherche manifestement à donner " une image choquante " du degré de développement de la corruption dans les pays concernés en vue d'amener leurs dirigeants à intensifier la lutte contre le fléau. Il a également mené une série d'études pays sur les systèmes nationaux d'intégrité. L'objectif affirmé était d'aider les autorités à promouvoir la bonne gouvernance à partir de l'analyse des forces et faiblesses des différents piliers d'intégrité au regard des textes en vigueur, de la réalité vécue, de l'analyse des interactions qui existent entre ces différents piliers afin de dégager les actions à mener pour garantir leur solidité et instaurer une tradition d'éthique dans la vie publique. Pour TI, l'une des meilleures stratégies à long terme de lutte contre la corruption c'est de " renforcer les piliers d'intégrité " des pays, notamment en favorisant le bon fonctionnement, l'autonomie et l'indépendance des institutions et des secteurs d'activités spécifiques qui contribuent à l'intégrité, la transparence et l'obligation redditionnelle dans la société.

Education

L'éducation est aussi une arme déployée par la société civile pour endiguer la corruption. Des organisations de la société civile telles que le SeP (Service OEcuménique pour la Paix), le CIPCRE, le GNGG (Global Network for Good Governance) et le CIIRE (Centre Interdisciplinaire et Interreligieux de Recherche Ethique) ont fait de la formation et de l'éducation des populations en général et des hommes d'Eglises, des journalistes et des jeunes en particulier leur cheval de bataille dans les stratégies de lutte contre la corruption. Un point d'orgue a été mis sur la formation des para-juristes par le SeP, alors que le GNGG s'est attelé à l'éducation pour l'adoption d'un profil général d'intégrité au niveau de la jeunesse camerounaise.