»La Chine convoite, à travers un de ses conglomérats agricoles,
IKO, près de 14 000 hectares da le village de Ndioré
par Nanga Eboko au Cameroun pour y cultiver le maïs, le riz,
le soja, le manioc, etc. Les paysans locaux qui serviront de
main d'oeuvre à leur hôte encombrant à 1,50 € la journée de
travail, ont dû quitter ces terres où ils pratiquaient une petite
agriculture de subsistance.
u
»La prochaine cible du groupe chinois IKO est l'ancienne
usine de décorticage de riz laissée à l'abandon dans la localité
de Santchou à l'Ouest Cameroun.
»Croire qu'il suffit de produire plus pour nourrir la planète
est une aberration, un non-sens. C'est la question de l'accès
aux denrées alimentaires qui est essentielle. Un milliard de
personnes dans le monde ont faim parce qu'elles sont trop
pauvres, pas parce que l'on ne produit pas dans le monde de
quoi les nourrir en quantité suffisante.
» La souveraineté alimentaire est un concept développé et
présenté pour la première fois lors du Sommet de
l'Alimentation organisé par la FAO à Rome en 1996.
»Toutes les six secondes à travers la planète, un enfant meurt
de faim. Pourtant, le droit d'être à l'abri de la faim est reconnu
dans la Déclaration Mondiale sur l'alimentation de 1992 en
ces termes : " Nous reconnaissons que tout individu a le droit
de pouvoir jouir d'une alimentation saine et convenant à ses
besoins nutritionnels ".
» Plus de 2 milliards de personnes environ souffrent de
carences alimentaires plus ou moins invalidantes en protéine,
en fer, en iode, en vitamine A et autres vitamines.
» Comme toutes les activités humaines, l'agriculture est
source de gaz à effet de serre. Selon l'INRA, elle aurait contribué
en 2008 à 20 % du pouvoir de réchauffement global. Les
principales émissions directes concernent le méthane et le
protoxyde d'azote. L'agriculture serait à l'origine de 80 % des
émissions de méthane, principalement lié à la fermentation
entérique des ruminants.
»Les pesticides utilisés pour traiter les cultures persistent en
partie dans les sols et sont également transférés dans les eaux
de surface et l'atmosphère.
» Si la recherche travaille à une amélioration des produits
utilisés afin de favoriser une meilleure dégradation des molécules
(substances plus efficaces à plus faible grammage), une
révolution des modes de culture est aujourd'hui indispensable.
En effet, les pratiques agricoles actuelles sont très dépendantes
des pesticides, qui constituent, selon l'INRA, la pièce maîtresse
autour desquels les systèmes de cultures sont produits.
»La lutte non chimique doit être développée, accentuée. La
recherche exploite diverses voies aujourd'hui : lutte génétique
(sélection des plantes les plus résistantes, croisements…),
changement de pratiques (labour, rotation des cultures…)…
Si la première solution pose un problème de diversité des cultures,
la deuxième est sérieusement envisagée : la voie
empruntée par l'agriculture biologique montre qu'une diminution
importante de l'utilisation des pesticides est possible
aujourd'hui. Les solutions existeraient pour de nombreuses
cultures mais ne sont malheureusement que trop rarement
mises en oeuvre.
» L'agriculture participe également, avec l'industrie et les
autres activités humaines, à la modification et donc à la fragilisation
des sols. Pollutions multiples mais aussi érosion, tassement
(…) conduisent à une perte de la fonction des sols
aujourd'hui, pourtant indispensable pour la sauvegarde de la
biodiversité mais aussi pour de nombreux services (filtration
de l'eau, captage de carbone…). Un changement des pratiques
est là aussi nécessaire pour lutter contre l'appauvrissement des
sols.
» La biomasse, partie biodégradable des produits et déchets
issus de l'agriculture, peut fournir de l'énergie par combustion
ou fermentation. Cette énergie a un bilan énergétique favorable
puisqu'elle n'émet pas de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Ainsi, les agriculteurs, producteurs de biomasse,
deviennent des acteurs majeurs de la protection de l'environnement.
» La papaye solo et la variété de maïs appelée pop corn sont
le résultat des recherches effectuées à l'Institut de Recherche
Agronomique pour le Développement (IRAD) de Yaoundé.
» Les spécialistes affirment que pour reconstituer une fine
couche de 2,5 cm de terre, il faudrait 1 000 à 2 500 ans.
» Plus de 300 études dans le monde démontre que les grands
consommateurs de fruits et légumes, quelle que soit leur
forme, sont associés à un moindre risque de cancer.
uSelon la FAO, 70 % des victimes de la faim vivent dans des
zones rurales. Parmi elles, on dénombre près de 215 millions
en Inde, 115 millions en Chine et 200 millions en Afrique.
» Dans l'Extrême-Nord du Cameroun, région la plus peuplée
du pays, la population est en proie à des difficultés alimentaires
du fait de l'agression des cultures par des nuisibles
(oiseaux granivores, hippopotames, éléphants, criquets
migrateurs). Les experts estiment à près de 75 mille tonnes les
pertes dues à ces causes conjoncturelles. Il faut ajouter à cela
les problèmes structurels que sont le manque de semences
améliorées, la non-maîtrise de l'eau, etc.
u De par leur travail de pollinisation, les abeilles contribuent
pour 35% à l'alimentation mondiale.
» Un quart de l'agriculture mondiale est détruit par les ravageurs.
»En 2004, les échanges agricoles représentent 8,8 % du
commerce mondial de marchandises.
»L'élevage intensif concentre le bétail et ne sait plus quoi
faire des lisiers, utilise des antibiotiques en préventif, suralimente
le bétail pour qu'il produise à l'excès. Cette méthode de
production dégrade énormément la nappe phréatique et par
voie de conséquence, l'eau qui coule à notre robinet.
» Les actifs agricoles représentent près de 45 % de la population
active mondiale.
»Le Cameroun produit chaque année 65 mille tonnes de riz
et en importe 465 mille. |