l'agriculture conventionnelle,
on dit que je suis alternative.
Je mets alors en pratique des méthodes
qui évitent l'usage des produits
chimiques de synthèse.
Quand je repose sur une
exigence accrue de qualité alimentaire
de la part des consommateurs
et médecins sensibles aux effets
réels ou supposés des produits chimiques
utilisés en agriculture, on dit
de moi que je suis biologique.
Quand je mets l'agriculteur
au centre de mon projet, on dit que
je suis citoyenne.
Quand j'invite à promouvoir
et à mettre en oeuvre des pratiques
économiquement viables, saines
pour l'environnement et socialement
équitables, on dit que je suis
durable.
Quand je prends en compte
l'environnement dans mes pratiques,
on dit que je suis écologique.
Quand j'intègre les arbres
dans mes pratiques de production,
on dit que je suis forestière.
Quand j'ai une vision globale
de l'exploitation agricole, on
dit que je suis holistique.
Quand je cherche à augmenter
les rendements à l'hectare et
même les rendements zootechniques
en augmentant les performances
des animaux, des végétaux et
des sols, on dit que je suis intensive.
Quand je m'intéresse à l'application
des principes scientifiques
aux cultures agricoles, on dit que je
suis moderne.
Quand je reste confinée
dans la conception cosmogonique
de mon travail
et
dans l'indivisibilité
des mondes
physique et spirituel
dans mes pratiques,
on dit que je suis
naturelle.
Quand je poursuis
les mêmes objectifs
que l'agriculture biologique,
on dit aussi que je
suis organique.
Quand j'ai pour
objectifs de trouver des
solutions écologiques à
mes problèmes, on dit que
je suis pérenne.
Quand je suis lassée de
l'appellation citoyenne, je me fais
appeler agriculture du quatrième
type.
Quand j'accorde une importance
grandissante aux procédés
permettant la régénération des ressources
renouvelables sur les plans
environnemental, social et économique,
on dit que je suis régénératrice.
Quand je suis lassée d'être
appelée agriculture durable, je me
fais aussi appeler agriculture soutenable.
Quand je m'affirme comme
antithèse de l'agriculture moderne,
on m'appelle agriculture traditionnelle.
Quand je m'installe au coeur
des agglomérations, on dit que je
suis urbaine.
Quand je repose sur des systèmes
de culture à base de productions
végétales destinées avant tout
à l'autoconsommation, on dit que je
suis vivrière.
Ainsi vont mes secrets.
On dit aussi que je suis
- Artificielle, autonome ;
- Bocagère, biodynamique ;
- Chimique, capitaliste, commerciale,
compétitive, conventionnelle
;
- Diversifiée, différente ;
- Familiale ;
- Hors-sol ;
- Intégrée, industrielle, identitaire
;
- Marchande, ménagère, multifonctionnelle
;
- Paysanne, péri-urbaine, productiviste
;
- De rente, raisonnée, rurale ;
- Solidaire, de subsistance, systématique
;
- A temps partiel, du troisième
type.
Bien malin que me trouvera un attribut
commençant par G, J, K, L, W,
X, Y, ou même Z !