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Bernard NJONGA,
Président de l'ACDIC |
" IL NE PEUT Y AVOIR
D'AGRICULTURE DURABLE SANS
CONSOMMATION DURABLE "
Si la société civile camerounaise n'avait pas un leader de la trempe de Bernard Njonga, il faudrait l'inventer.
Sans aucun doute, cet ingénieur agronome frais émoulu de l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie en 1984,
qui a travaillé pour l'Institut de Recherche Agronomique (IRA) jusqu'en 1987 puis créé la même année le
Service d'Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), est aujourd'hui une icône incontournable
dans la sphère de la vie publique dans notre pays. Par ses prises de position lucides et courageuses sur la gestion
de la cité à l'instar de ses sorties fortement médiatisées sur le détournement de fonds et de tracteurs alloués
à des groupements d'intérêt collectif (GIC) exerçant dans la filière maïs au Ministère de l'Agriculture et du
Développement Rural (MINADER), il dérange souvent l'establishment. Mais il fascine toujours une bonne
frange de ses compatriotes depuis sa campagne réussie contre l'importation des poulets congelés. C'est que le
président de l'Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs (ACDIC), dans ses nombreuses batailles
pour la transformation sociale, a mis au point une démarche imparable : constituer une base argumentaire irréfutable
sur l'objet de sa lutte, porter l'information au coeur de l'opinion, construire des alliances aussi bien à
l'intérieur du Cameroun qu'à l'extérieur et mobiliser des sympathisants et militants pour l'action avec pour
objectif affirmé de peser sur les processus décisionnels en poussant les détenteurs d'enjeux à la négociation.
Au total, ce solide gaillard de 1,85m ne laisse personne indifférent. Même pas les sbires qui, en cette matinée du
10 décembre 2008, l'ont arrêté, tabassé et écroué au SED alors qu'il s'apprêtait, avec des membres de l'ACDIC
accourus des 10 régions, à engager une marche non violente contre la corruption tapie au tréfonds du MINADER.
Sous la double pression nationale et internationale, il sera libéré le lendemain et attendra le 5 août 2009
pour savourer sur le tard l'une de ses plus belles victoires sur l'arbitraire et l'injustice : l'inculpation, suite à son
plaidoyer, de quarante sept (47) fonctionnaires du MINADER pour corruption par la Commission Nationale
Anticorruption (CONAC). Une sorte de couronnement de ses efforts et de légitimation de sa lutte, en somme.
Sa témérité et son activisme lui ont valu d'être considéré comme le José Bové Camerounais. Une telle comparaison
n'est pas imméritée. Comme le leader paysan français dont il est du reste l'ami, il est altermondialiste et
s'inscrit en faux contre la malédiction néolibérale. Comme José Bové, il communique énormément : à la radio
comme à la télévision et dans la presse écrite. Il est d'ailleurs le Directeur de publication du mensuel au nom
prédestiné La Voix du paysan et du tout nouveau magazine Eclat d'Afrique dont l'ambition comme il le dit luimême,
est de " casser l'image d'une Afrique rurale, misérabiliste et désespérante ".
Dans l'interview qu'il a bien voulu nous accorder, ce digne fils de Bangwa, né en 1955 et père de 5 enfants,
donne sa perception de l'agriculture durable, de ses techniques et de ses défis dont la souveraineté et la sécurité
alimentaires. Pour lui, l'agriculture durable doit déboucher sur la consommation durable. Une prise de position
qui montre, une fois de plus, que l'homme a de la suite dans les idées et qu'il sait de quoi il parle dans un contexte
où le blablabla a tendance à étouffer les débats productifs et à s'ériger en parole d'évangile.
ECOVOX : En votre qualité
de théoricien et technicien
de l'agriculture, comment
définissez-vous l'agriculture en général
et l'agriculture durable en particulier
?
Bernard NJONGA : De manière
simplifiée, je dirai que l'agriculture
est l'ensemble des techniques
(moyens et méthodes) qu'on met en
oeuvre pour faciliter la production des
plantes en particulier ou des plantes et
animaux en général. Etant donné que
ces plantes se développent aux
dépens de la nature, l'agriculture est
dite durable lorsqu'elle préserve cet
environnement, c'est-à-dire lorsqu'on
trouve des moyens de restituer à cet
environnement ce qu'elle perd en faisant
reproduire les plantes.
Pour parler comme les théoriciens,
l'agriculture est dite durable si
elle est écologiquement saine, économiquement
viable, socialement équitable,
humaine et adaptable. De façon
plus spécifique, l'agriculture est écologiquement
saine lorsqu'elle améliore
la qualité des différentes interactions qui existent entre les êtres
vivants (l'homme, les micro-organismes
du sol, les cultures et les animaux)
du milieu. Elle est économiquement
viable si elle produit suffisamment
pour assurer à l'agriculteur
son autonomie et/ou un revenu, et lui
fournir un profit suffisant pour garantir
le travail et les frais engagés.
L'agriculture est équitable lorsque la
répartition des ressources et du pouvoir
qu'elle génère est telle que les
besoins essentiels de chaque membre
de la communauté sont satisfaits, et
notamment l'accès à une alimentation
appropriée. L'aspect humain de l'agriculture
se traduit par la reconnaissance
et le respect de la dignité fondamentale
de tout travailleur de la terre,
petit ou grand. Enfin, l'adaptabilité de
l'agriculture se traduit par la capacité
des communautés rurales à s'adapter
aux changements des conditions dans
lesquelles évolue cette agriculture. Ce
qui n'implique pas seulement le développement
de nouvelles techniques
plus appropriées, mais aussi des innovations
sur le plan social et culturel.
ECOVOX : Existe-t-il au Cameroun
des expériences avérées d'agriculture
durable ? Quels en sont les résultats
en termes d'impact socioéconomique
et écologique ?
B.N. : Bien sûr que oui. Il existe au
Cameroun des expériences avérées
d'agriculture durable. Je citerai volontiers
l'exemple de la culture en billon
pratiquée dans la région de l'ouest du
Cameroun. En ensevelissant les pailles
et autres détritus dans les billons,
les producteurs de cette région ont su
maintenir la fertilité des sols pendant
des siècles. Socialement, cette technique
a permis la sédentarisation de
l'agriculture qui est un élément clé du
système bocager qui caractérise les
hautes altitudes. Elle a aussi favorisé
le morcellement des terres entre pères
et fils jusqu'à ce qu'on atteigne le
seuil de morcellement critique. Sur le
plan écologique, l'effet fertilisant de
cette technique n'est plus à démontrer.
Pour être davantage explicite, je
prendrai pour exemple un système
que nous connaissons tous et qui est
pratiqué aussi bien en zone de montagne
qu'en zone de forêt dans notre
pays. Il s'agit des jardins de case.
Il s'agit d'un système d'utilisation
des terres avec des arbres à
usages multiples et des arbustes associés
de manière intime avec des plantes
saisonnières et pérennes. Dans ce
même système on trouve également
l'homme et les animaux. Les jardins
de case ont des fonctions écologiques
et des fonctions socio-économiques,
ce qui fait d'eux un système d'agriculture
durable. En effet, grâce à leurs
structures à strates multiples et à la
présence quasi permanente de la
litière dans le système, les jardins de
case ont un sol bien protégé contre
l'érosion. Par ailleurs, le réseau de
racines denses des plantes des jardins
de case favorise la stabilisation des
sols, et pompe les nutriments des
horizons profonds pour les redistribuer
en surface sous forme de litière
(feuilles, branches et racines mortes)
dont le rôle dans la protection des sols
et l'alimentation des micro-organismes
du sol est
connu. Dans
les jardins de
case, la fertilité
du sol est
maintenue par
la grande
capacité de
recyclage qui
existe également
entre
l'homme, les
plantes et les
animaux, les
déchets produits
par chaque
maillon
(déchets de
cuisine, déjections
animales
et autres résidus
agricoles)
étant utilisés
pour la fertilisation
du sol.
Sur le plan biologique, les
jardins de case sont assez riches et
diversifiés en termes d'espèces animales
et végétales. On y a identifié
jusqu'à plus 124 espèces végétales,
hormis les plantes ornementales, les
adventices et les animaux du petit élevage.
Cette forte diversité permet une
alimentation quotidienne de l'homme
et une amélioration des revenus de ce
dernier. Les jardins de case ont une
fonction écologique importante dans
la mesure où la couche de la litière
épaisse que l'on y trouve et le couvert
des plantes interceptent et gardent
l'eau de pluie, maintenant ainsi une
forte humidité et une température
favorable au développement de la
microfaune et de la microflore du sol.
Par ailleurs, le caractère stratifié des
jardins de case favorise l'habitat de
différents insectes et oiseaux dont le
rôle dans la pollinisation des plantes
est connu.
Quant aux aspects socio-économiques
des jardins de case, les
plantes qui s'y trouvent constituent en
même temps une source d'alimentation
quotidienne et de revenus pour
les populations. Les jardins de case
représentent une réserve d'hydrates
de carbone, de protéines et d'éléments
minéraux. Grâce à leur diversité en
espèces, ces jardins contribuent à une
bonne alimentation de la famille et
une source de revenus inestimables
dans la mesure où le surplus de produits
est généralement vendu.
Comme vous pouvez le constater
donc, les jardins de case non seulement
préservent la qualité des ressources
naturelles et améliorent la
dynamique d'ensemble de l'agro écosystème,
mais aussi permettent à
l'agriculture de produire pour assurer
son autonomie et un revenu. Tous ces
arguments nous permettent d'affirmer
que les jardins de case sont de véritables
systèmes d'agriculture durable
.ECOVOX : Quels sont pour vous les
grands défis à relever par l'agriculture
en général et l'agriculture durable
en particulier ?
B.N. : Pour un pays en voie de développement
comme le Cameroun, lesdéfis de l'agriculture sont multiples :
je citerai en premier le défi de l'alimentation
des populations.
L'agriculture doit pouvoir procurer de
la nourriture en quantité et en qualité
aux populations. Ensuite, il y a le défi
de l'emploi. Le secteur agricole est
celui qui fournit le plus de possibilités
de résorption du chômage, surtout
dans la population jeune. Puis, le défi
de la croissance économique. Le secteur
agricole contribue à près de 33%
au PIB national. Maintenir, voire
accroitre cette contribution devient
tout aussi un défi pour l'agriculture.
Enfin, je citerai le défi écologique.
Dans le contexte actuel où le réchauffement
climatique et ses conséquences
sur l'environnement préoccupent,
produire sans contribuer à cette
dégradation du climat devient un défi
majeur pour l'agriculture. Pour ce qui
est de l'agriculture durable, son plus
grand défi est de se faire adopter. Elle
a contre elle, ses exigences et sa
méconnaissance du commun des producteurs.
Le défi de la sécurité alimentaire a été
à l'ordre du jour du forum sur l'avenir
de l'alimentation tenu au siège de la
FAO à Rome le 12 octobre dernier.
Pour nourrir une population croissante,
l'agriculture en général doit
devenir plus productive tout en relevant
les défis environnementaux.
D'après les experts, au cours des 40
prochaines années, la demande en
nourriture pour l'alimentation
humaine et animale devrait presque
doubler du fait des effets conjugués
de la croissance démographique, de la
forte augmentation des revenus et de
l'urbanisation. L'agriculture n'aura
donc d'autres choix que de devenir
plus productive. Les augmentations
devraient provenir pour une grande
part, de l'accroissement des rendements
et de l'amélioration de l'intensité
des mises en culture sans pour
autant qu'il y ait une exploitation de
nouvelles terres et ce, bien qu'il y ait
des ressources immenses en terre qui
pourraient être mises en valeur,
notamment en Afrique. Aujourd'hui,
on estime que pour nourrir la population
mondiale, qui doit passer de 6,7
milliards à 9,1 milliards en 2050, il
faudrait accroître la production agricole
de 70 %.
Pour atteindre cet objectif,
l'agriculture devra affronter les effets
du changement climatique, notamment
des températures plus élevées,
des précipitations plus variables et
des conditions climatiques extrêmes
plus fréquentes comme les inondations
et les sécheresses. En effet,
d'après les experts, le changement climatique
pourrait réduire les disponibilités
en eau et entraîner une augmentation
des ravageurs et des maladies
des plantes et des animaux. Les
effets conjugués pourraient réduire le
potentiel de production jusqu'à 30 %
en Afrique et jusqu'à 21 % en Asie.
Le défi
ne consiste
pas seulement à accroître la production
mondiale, mais de l'augmenter là
où cela est le plus nécessaire et par
ceux qui en ont le plus besoin. Pour
ce faire, il faudrait se focaliser sur les
petits exploitants agricoles, les femmes
et les ménages ruraux ainsi que
sur l'accès à la terre, à l'eau, aux
semences de qualité et aux autres
intrants agricoles modernes. D'après
les récentes estimations, l'eau constituera
un défi majeur au fur et à
mesure que le changement climatique
rendra les précipitations de moins en
moins fiables. L'investissement pour
une meilleure maîtrise et une meilleure
gestion de l'eau devrait être une
priorité. Il est également important de
combler le fossé technologique entre
les pays grâce au transfert des
connaissances, ceci en utilisant la
coopération Nord-Sud, Sud-Sud et
triangulaire en vue d'obtenir des augmentations
durables de productions et
de productivités agricoles.
Pour l'agriculture durable, le
premier défi à relever est de pouvoir
améliorer la productivité pour fournir
des aliments bon marché et de bonne
qualité tout en préservant la rentabilité
des exploitations agricoles et le
respect de l'environnement. Pour
répondre à ce défi, l'agriculteur doit
en permanence faire un choix judicieux
et combiner les technologies et
les stratégies disponibles et les mieux
adaptées aux conditions agronomiques
et climatiques de sa région. Les
pouvoirs publics doivent s'investir
dans la résolution des problèmes cruciaux
qui se posent à notre agriculture.
Ces problèmes sont nombreux et
comprennent l'épuisement des sols,
les maladies et les parasites qui ravagent
les cultures, les pertes après
récolte, l'accès difficile aux crédits,
l'approvisionnement en intrants, le
transport et que sais-je encore ?
ECOVOX : De quels atouts disposent
les agriculteurs camerounais pour
répondre à ces défis ?
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B.N. : Très peu, malheureusement.Les politiques rechignent à faire de
l'agriculture le fer de lance de la
croissance économique et à lui accorder
les égards qu'elle mérite. Les
consommateurs prennent goût aux
produits exotiques, ce qui n'est pas de
nature à encourager les producteurs
locaux. Autant que je vous le dise, il
ne peut y avoir d'agriculture durable
sans consommation durable. Ce ne
sont pas les bonnes terres qui feraient
défaut. Le Cameroun regorge d'énormes
potentialités de production. Il
dispose de près de 5,7 millions d'hectares
de terres arables inexploitées.
En plus, la société civile constitue
aujourd'hui un atout non négligeable
pour les agriculteurs camerounais. De
nombreuses organisations non gouvernementales
sont actives sur le terrain
dans toutes les régions et mettent
leurs compétences au service des
paysans. Je peux aussi noter que
n'eussent été les effets dévastateurs
de la corruption dans le secteur agricole,
de nombreux programmes
financés par de l'argent issu de la coopération
bilatérale et multilatérale
auraient pu constituer un grand atout
pour les agriculteurs camerounais.
ECOVOX : Y a-t-il une politique
agricole au Cameroun? Si oui, l'agriculture
durable y a-t-elle une place ?
Sinon à quel niveau se situent les blocages
?
B.N. : En l'état actuel de la production,
de la consommation et de l'encadrement
agricole, il est difficile de
dire qu'il existe une politique agricole
au Cameroun. L'improvisation est de
règle et on n'a aucune visibilité des
orientations et des choix qui sont opérés
par les acteurs de la filière agricole,
les responsables de l'agriculture
camerounaise en premiers. Il existe
certes des programmes sectoriels
dont le but est de développer de nombreuses
cultures, à l'instar des racines
et tubercules, du palmier à huile et de
la banane plantain. Mais aucune
cohésion d'ensemble ne les sous-tend
ECOVOX : De nombreux camerounais
sont confrontés à l'étroitesse de
leurs exploitations alors que des
complexes agroindustriels font de
plus en plus preuve de gourmandise
en matière d'acquisition de terres
agricoles. Quelle politique foncière
globale de l'espace rural faut-il envisager
pour plus d'équité dans l'accès
à la terre ?
B.N. : Vous posez là deux problèmes
tout à fait distincts qui à mon avis
n'ont vraiment pas de point commun
dans notre contexte. Parlant des complexes
agro-industriels, ça été un
choix de l'Etat Camerounais au lendemain
des indépendances. En effet,
après le départ du colonisateur, l'Etat
a lié le développement agricole à
quelques complexes agro-industriels
au détriment des exploitations familiales.
A l'époque, les responsables de
ce pays avaient entre autres justifié ce
choix par le fait que la paysannerie
locale ne pouvait pas réaliser la diversification
nécessaire et augmenter de
façon significative la production agricole.
Mais le problème que ces agro
industries posent est de deux ordres :
- l'expropriation des terres de la paysannerie
locale ;
- la prolétarisation des populations
riveraines des plantations agro industrielles
sous le fallacieux prétexte de
redistribuer les richesses accumulées
alors qu'il s'agit ni plus ni moins
d'intégrer la paysannerie locale dans
le système capitaliste.
Pour ma part donc, le problème
des complexes agro industriels
ne se pose pas en termes de gourmandise
en matière d'acquisition de terres
agricoles, dans la mesure où le
Cameroun dispose encore d'immenses
surfaces inexploitées. Par contre,
l'étroitesse des exploitations auxquelles
vous faites allusion est un problème
réel, mais n'est inhérente qu'à
certaines régions du pays. D'autres
régions recèlent d'énormes terres
agricoles et on peut imaginer qu'en
définissant une loi foncière qui facilite
non seulement la propriété des
terres par les producteurs mais aussi
sa répartition, voire sa redistribution à
ceux qui sont à l'étroit dans leur
région, on pourrait résoudre le problème.
En l'état actuel des choses, la
refonte de la loi foncière s'impose si
l'on veut mettre à profit la générosité
des écosystèmes dont le Cameroun
est nanti.
ECOVOX : Quelles sont les conditions
nécessaires à l'effectivité de la
souveraineté alimentaire dans notre
pays ? L'agriculture durable auraitelle
une place dans cette bataille ?
B.N. : La prise de conscience sur la
nécessité d'une souveraineté alimentaire
et l'action sont, à mon sens,
essentielles. J'insiste sur l'action, car
on continue à croire ici au Cameroun
qu'un bon discours peut faire pousser
le maïs. Ceci étant, la toute première
des conditions incombe aux politiques
qui doivent faire de l'atteinte de
la souveraineté alimentaire un objectif
de tout premier ordre. Cela les
obligerait non seulement à promouvoir
les productions locales, mais
aussi à contrôler les importations de
denrées alimentaires qui fragilisent la
souveraineté alimentaire
Entretien mené à Yaoundé le 19 mars 2009
par Samuel Soffo Todjo et Eugène Fonssi
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