Claude Nwafo
Ingénieur agroéconomiste |
Qu'est-ce que l'agriculture ? A quand faut-il situer ses origines ? Où faut-il localiser ses premiers foyers de
domestication ? Quelles sont les grandes étapes de son évolution ? Tour d'horizon.
D'après l'article de
http://fr.wikipedia.org/wiki/Agric
ulture, " L'agriculture (du latin
agricultura) est un processus par
lequel les hommes aménagent
leurs écosystèmes pour satisfaire
les besoins de leurs sociétés. Elle
désigne l'ensemble des savoirfaire
et activités ayant pour objet
la culture des terres, et, plus généralement,
l'ensemble des travaux
sur le milieu naturel (pas seulement
terrestre) permettant de cultiver
et prélever des êtres vivants
(végétaux, animaux, voire champignons
ou microbes) utiles à l'être
humain ". Les mêmes sources indiquent
qu'en économie, " l'agriculture
est définie comme le secteur
d'activité dont la fonction est de
produire un revenu financier à
partir de l'exploitation de la terre
(culture), de la forêt (sylviculture),
de la mer, des lacs et des rivières
(aquaculture, pêche), de l'animal
de ferme (élevage) et de l'animal
sauvage (chasse). Dans la pratique,
cet exercice est pondéré par
la disponibilité des ressources et
les composantes de l'environnement
biophysique et humain. La
production et la distribution dans
ce domaine sont intimement liées
à l'économie politique dans un
environnement global. "
En fait, de nombreux facteurs
environnementaux interagissent
dans l'agriculture et sont
vitaux pour les habitants de la planète,
voire du cosmos:
- l'eau, en termes de disponibilité
au moment opportun mais aussi en
termes de qualité,
- le climat et ses variations inattendues
(chaleur, sécheresse, pluie,
grêle, gel et autres calamités climatiques)
;
- le sol ;
- les espèces végétales ;
- les espèces animales ;
- les prédateurs (parasites, maladies,
et consommateurs de toute
sortes : végétaux, insectes, animaux
sauvages...) ;
- les procédés divers, tels que la
génétique, la sélection des semences,
la biotechnologie, la défense
des cultures, l'élevage sélectif des
animaux, la fertilisation, l'irrigation
et le drainnage, la rotation des
cultures, les techniques culturales
simplifiées (T.C.S.), etc.
Mais l'homme n'a pas toujours
tiré de la culture de la terre
de quoi se nourrir. Au commencement,
il a vécu des produits de la
cueillette, de la chasse et de la
pêche. C'était il y a plus de 10 000
ans. A l'époque, il avait développé
un mode de vie nomade et des
outils de prédation spécialisés et
adaptés à des milieux variés et
toujours plus étendus. Mais avec
la fonte des glaciers et l'élévation
du niveau des océans, le climat
devient plus doux ; c'est à ce
moment que les spécialistes
situent la disparition des mammouths
mais aussi l'apparition des
animaux herbivores et de vastes
étendues de prairies où poussent
les premières plantes sauvages
comestibles. L'homme abandonne
son mode de vie nomade et
devient sédentaire.
L'agriculture apparaît à ce
moment, favorisée aussi par l'augmentation
de la population, la
diminution du gibier et la nécessité d'aller toujours
plus loin pour trouver
de quoi de se nourrir.
Le Proche-Orient est
la région par excellence
de l'avènement
de l'agriculture même
si on signale que la
péninsule Coréenne a
connu la culture du riz
il y a près de 15 000
ans. Depuis qu'elle est
apparue, l'agriculture a
subi d'importantes
mutations allant de la
révolution néolithique
à l'agriculture
moderne en passant
par l'agriculture antique,
la révolution des
premier et deuxième
millénaires.
La révolution néolithique
La révolution du néolithique
se distingue par le développement
de plusieurs foyers de
domestication : en Amérique
Centrale où les cultures du maïs,
du haricot, de la tomate, de la
pomme et du
tabac sont
développées,
mais aussi en
Asie où le riz
est cultivé et
en Afrique où
le mil, le sorgho
et le millet
sont
domestiqués.
La principale
technique culturale
est
l'agriculture
itinérante sur
brûlis. Pour
défricher les
parcelles, le
recours au feu
est une voie obligée.
L'agriculture antique
L'agriculture s'étend et se
pratique dans de nouvelles régions
dont principalement la
Mésopotamie, la Chine et
l'Egypte. De nouvelles techniques
agricoles sont élaborées à l'instar
du labourage superficiel et de l'irrigation.
Petit à petit, ces techniques
font tâche d'huile dans des
pays alentours.
L'agriculture du premier millénaire
C'est au tour de l'Occident
d'entrer dans la dynamique de
l'évolution de l'agriculture. Avec
l'utilisation de la charrue, le retournement
des sols lourds est désormais
possible.
C'est à cette
période que les
forêts commencent
à être
mises en
valeur et que la
mise en oeuvre
des systèmes
d'assolement
vient enrichir
toute la batterie
des techniques
culturales
existantes.
L'agriculture
du deuxième
millénaire
Elle est surtout marquée,
du point de vue de l'Afrique, par
un profond bouleversement des
systèmes agricoles traditionnels,
suite à la conquête coloniale et aux
migrations internes de toutes sortes.
L'installation des Blancs permet
la diffusion du système de
plantation et d'une grande variété
de plantes cultivées. Les surfaces
cultivées sont plus vastes et l'agriculture
exportatrice est valorisée
au détriment de l'agriculture
vivrière. Le café par exemple est
introduit en pays
Bamiléké, et dans le
Sud du Cameroun, le
cacao occupe les
meilleures terres
agricoles.
L'agriculture
moderne
Depuis le XIXe siècle,
le machinisme
est entré dans l'agriculture.
Avec ce
développement, on
note également
l'utilisation
massive des
intrants phytosanitaires
et depuis un certain
temps, l'adoption,
dans de nombreux
pays développés,
des Organismes
Génétiquement Modifiés (OGM).
Les Etats Unis d'Amérique se
constituent comme le porte-étendard
de cette nouvelle donne qui
aboutit paradoxalement à une crise
de surproduction. Dans ce pays
comme dans bien d'autres de l'hémisphère
Nord, la population agricole
est en forte réduction alors
que la production croît et que l'activité
agricole, dans son ensemble,
contribue de plus en plus au
réchauffement de la planète.
Pendant ce temps dans
l'hémisphère Sud, de nombreux
agriculteurs ne savent à quel saint
se vouer. Non seulement leurs produits
ne sont pas achetés à leur
juste prix mais leurs cadres de vie
se dégradent. En pays bamiléké
par exemple, on assiste de plus en
plus à l'abandon du bocage et des
haies vives et du fait d'une forte
densité de la population, à une
réduction considérable de la
jachère et de l'espace pastoral.
Conséquence, les sols perdent progressivement
de leur fertilité.
Ailleurs en Afrique et même en
Asie, la faim frappe à la porte de
nombreux pays. Plus d'un milliard
d'individus a faim au moment
même où l'agrobusiness a bon dos.
L'agriculture aurait-elle de la peine
à répondre à sa vocation essentielle
de nourrir toute l'humanité et
de bien la nourrir ? La question
mérite d'être posée.