Pour aller le plus loin possible dans le cursus de la formation académique, tous cycles confondus, il est judicieux de développer ou de mettre en oeuvre des attitudes pertinentes dont l’évaluation, dans le système éducatif camerounais, se fait à travers les épreuves des examens officiels à la fin de chaque année scolaire. Quatre domaines sont concernés, où il est important de proposer aux candidats quelques traits ou contours d’une conduite acceptable à tenir, en l’occurrence : l’état psychologique du candidat, l’emploi de temps personnel du candidat, le travail des révisions et la gestion du déroulement de l’examen. 

De l’état psychologique du candidat 

Un environnement pacifique, serein, favorise forcément l’apprentissage. Aussi bien en soi qu’autour de soi, aussi bien entre l’individu et lui-même qu’entre sa famille et lui, aussi bien entre l’élève et son enseignant qu’entre ses parents et son école, un climat de sérénité, de paix est un facteur favorisant de performance. C’est pourquoi chaque apprenant comme tout compétiteur ambitieux doit, autant que les choses dépendent de lui, travailler à acquérir et à conserver la paix intérieure, à entretenir la sérénité. 

Le candidat doit avoir clairement choisi de réussir et s’organiser en conséquence. 

De l’emploi de temps 

L’organisation personnelle est d’autant plus déterminante qu’elle conditionne le succès ou l’échec de toute initiative ; elle est d’autant plus pertinente qu’elle tient compte la spécificité caractérielle, psychologique du sujet. Il en découle que pour réussir, l’apprenant doit s’organiser de manière conséquente. Cette organisation intègre la conception et le respect d’un emploi de temps personnel et opérationnel, le respect des particularités psychosomatiques du sujet, en l’occurrence la « chronogenèse » et le type de mémoire.

Pour un couche-tard, c’est-à-dire celui qui, par nature, se couche assez tard sans que sa journée du lendemain en soit perturbée et qui ne se réveille pas tôt le matin, il s’agit de prévoir un programme conséquent qui peut aller jusque tard dans la soirée. Quant à un lève-tôt, celui qui se lève très tôt le matin, il serait judicieux d’élaborer son emploi de temps qui prévoit des temps de travail commençant vers quatre heures du matin, entrecoupés de pauses et se terminant tôt le soir. Dans son élaboration, l’emploi de temps personnel prend comme paramètres les activités journalières, le repos, les loisirs, l’alternance des matières à étudier ou à réviser. Cette alternance de disciplines ou de matières qui permet aux différents centres spécialisés du cerveau de se reposer alternativement, exige par exemple qu’après une matière scientifique on aborde une matière littéraire. 

Par ailleurs, l’emploi de temps doit impérativement prévoir des pauses et suffisamment de repos, en moyenne sept à huit heures de sommeil par jour ; ce qui permet au corps et surtout au cerveau de se reposer, de se renouveler, de refaire ses forces, pour un lendemain qui ne chante pas seulement mais qui travaille en toute fraîcheur et avec succès. Le sommeil reposant et réparateur se fait dans l’obscurité totale et loin des bruits, même de la musique. Cet emploi de temps doit pouvoir, en fonction des priorités et des urgences, être de temps en temps réajusté. Il reste cependant clair qu’il ne s’agit pas de le modifier avec légèreté car tout ce qui est urgent, même très urgent, n’est pas toujours important. Et un apprenant ne déterminera l’importance et la pertinence d’un programme ou d’une activité à mener que par rapport à son but préalablement, clairement et mûrement défini.

C’est l’occasion de dire que chaque jeune qui veut réussir, lorsqu’il s’inscrit dans un programme d’apprentissage ou d’études, doit s’assurer qu’il s’est, clairement et par écrit, fixé un objectif évaluable et mesurable, un but pertinent, noble et grand, et qu’il a planifié des actions et des attitudes personnelles conséquentes pour atteindre cet objectif ou réaliser ce but. Il est aisé de comprendre que celui qui ne planifie pas, fait de la navigation à vue ; ce qui est irresponsable. L’emploi de temps doit s’évaluer sinon hebdomadairement du moins mensuellement en vue d’éventuels correctifs ou réajustements. La pertinence de l’emploi de temps ne s’évalue en effet que par rapport au but qu’il permet d’atteindre, au résultat escompté.

Par ailleurs, j’ai appris et je le soutiens encore que celui qui ne planifie pas consciemment le succès planifie inconsciemment l’échec. Il faut planifier, planifier par écrit le succès ! 

De la gestion des cours ou des leçons 

Lorsque le but à atteindre au terme de l’année ou de l’année scolaire a été fixé, en l’occurrence le succès, avec une moyenne de 18/20 par exemple, il est judicieux de se fixer des buts ou objectifs intermédiaires, dont l’atteinte rapprochera progressivement l’apprenant du but final ou de l’objectif général ; il pourrait par exemple se donner pour objectifs intermédiaires d’avoir au moins une note de 18/20 dans chaque matière et au terme de chaque séquence, de participer personnellement à tous les cours, de faire au moins un exercice par matière révisée chaque jour, de poser au moins une question pendant chaque leçon. Dans cette perspective, la gestion des cours est une stratégie en vue d’atteindre l’objectif. Ainsi compris, l’élève a intérêt à suivre personnellement tous les cours pour mieux les réviser plus tard. Pour ce faire, que l’enseignant ait présenté sa leçon dans le cadre d’un objectif pédagogique opérationnel à atteindre ou non, l’apprenant stratège se doit de l’inscrire dans son plan d’action ou sa stratégie de cheminement vers son but personnel, vers le succès. En suivant personnellement les cours qu’il révisera personnellement, l’élève donne. 

à son cerveau la possibilité de faire fonctionner plusieurs centres spécialisés de cet important organe en vue d’une mémorisation plus aisée de la leçon. Un constat révèle par ailleurs que les points abordés lors des derniers cours dans les salles de classe reviennent très souvent dans les sujets d’examens. C’est pourquoi tout apprenant devrait prendre toutes les dispositions pour participer personnellement à tous les cours qui précèdent les examens officiels et surtout suivre personnellement les corrections de toutes les dernières épreuves traitées en classe ou des épreuves des examens blancs.

Les révisions quant à elles doivent se faire avec méthode en tenant compte de ce qu’il sait de lui-même. L’apprenant est donc appelé à prendre en considération ses particularités ou celles de sa mémoire si tant est qu’il se connaît quelque peu. S’il retient mieux ce qu’il a vu, entendu et/ou écrit, il devra en tenir compte dans ses techniques de travail. Ceux qui retiennent plus aisément ce qu’ils ont entendu gagnent à suivre eux-mêmes les cours, à les réviser en les lisant de manière à s’entendre lire, ou à en discuter avec leurs camarades. Ceux qui retiennent mieux ce qu’ils ont écrit, travaillent en refaisant les exercices, en prenant des notes, en faisant des fiches de synthèse des cours. L’élève mettra toujours à contribution les vertus de la mémoire visuelle, auditive et scripturale. Il lui est conseillé par ailleurs de réviser ses cours au jour le jour, en suivant par exemple la méthode SQ4R (Survol- Questions- Réponses- Relecture- Réponses- Résumé). 

Il s’agit en effet, au moment des révisions, de survoler la leçon (une lecture en diagonale), de se poser ensuite des questions appropriées de vérification de compréhension du contenu de la leçon lue (qui ? quoi ? comment ?...), d’y répondre le cahier fermé, de relire ensuite la leçon de manière ciblée, à la recherche des éléments de réponse aux questions auxquelles aucune bonne réponse n’avait été précédemment donnée, et d’y répondre enfin. Au terme de cette phase, il est loisible de résumer l’essentiel de la leçon retenue dans une fiche suffisamment aérée et ordonnée, fiche où l’on met en relief les titres et sous- titres, les parties essentielles de la leçon. C’est dans ce sens que Maryline BAUMARD pense qu’une « leçon est d’autant mieux retenue qu’elle est organisée ». Dans son article « Mémoire et Apprentissage une Histoire d’Amour contrariée » in Le Monde de l’Education, septembre 2000, cette spécialiste de l’apprentissage soutient sa thèse en citant Alain LIEURY qui a vérifié que « faire des titres et des sous-titres aide l’élève à retenir, parce qu’ainsi les connaissances sont déjà organisées, donc prêtes pour la mémoire sémantique ». Cette mémoire, qui travaille avec la compréhension, fonctionne parallèlement avec la mémoire lexicale dont le moteur est l’apprentissage par coeur. L’élève doit donc apprendre par coeur les mots, les règles grammaticales ou orthographiques, les théorèmes par exemple (pour sa mémoire lexicale) mais aussi procéder par la maîtrise par compréhension des significations des choses, des concepts ou de certains contenus des cours et non des vocables qui les expriment (mémoire sémantique).

Les révisions doivent se faire d’abord seul et ensuite en groupes. Ces groupes sont formés dans une approche de recherche de complémentarité de trois ou cinq membres. Il n’est pas prudent de former un groupe de « forts » dans les mêmes matières, ou un groupe pair car face à un problème difficile, si l’entente n’est pas rapidement trouvée, il pourrait facilement se diviser en deux groupes opposés. Dans son fonctionnement, l’occasion doit être donnée à chaque membre d’expliquer ou de présenter sous forme d’exposé aux autres le cours ou le chapitre qui lui semblent difficiles. Cette approche qui amène le médiocre à jouer le rôle de « professeur » permet à l’apprenant de se surpasser, de mener plus de recherche pour dominer la leçon afin de mieux l’exposer aux autres et de mieux la comprendre. En effet, la psychopédagogie enseigne que l’élève retient mieux et de manière durable ce qu’il a découvert lui-même. 

De la gestion du déroulement de l’examen 

 Pendant le déroulement de l’examen, le candidat devrait tout mettre en oeuvre pour éviter la panique, le stress. Devant l’épreuve ou le sujet d’examen, il doit prendre quelques minutes pour respirer profondément si la panique persiste et se rappeler, même s’il a l’impression d’avoir tout oublié, que la mémoire a emmagasiné, pendant les cours qu’il a suivis et les révisions menées, beaucoup de connaissances et n’attend que le déclic des épreuves pour les ramener à la surface de la conscience par le souvenir.

Ce qu’il doit savoir, c‘est que sur les sujets relatifs à toutes les disciplines dans lesquelles il a suivi les cours et révisé ses leçons, il sait forcément sinon beaucoup de choses du moins quelque chose. Il n’est pas superflu de rappeler que le bon candidat est curieux, qui sait lire tout ce qui lui tombe sous la main la veille de l’examen, doit, pendant l’évaluation proprement dite, lire toute l’épreuve plusieurs fois, la traiter en commençant par la question la plus facile ; cette approche rassure, met en confiance le candidat. Il doit par ailleurs manger léger le soir, dormir assez tôt, et prendre avec lui le jour de l’examen ses pièces d’identité.

En conclusion, rien ne remplace chez aucun candidat, même le plus doué, le travail, le travail assidu. C’est dans ce sens que Michel Audiard affirmait qu’ « un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche ! » Tels sont quelques conseils pratiques, quelques trucs et ficelles qui, mis en pratique avec discipline et persévérance, pourraient conduire la jeunesse scolaire au succès.