L'Assemblée générale des Nations Unies considère la « jeunesse » comme la tranche d’âge à laquelle appartiennent les personnes située entre 15 et 24 ans. Or à l’intérieur de celle-ci la même communauté internationale a créé deux autres lignes de démarcation ; l’une concernant l’adolescence (que l’UNICEF situe entre 10 et 19 ans) et l’autre se rapportant à l’enfance (l’enfant, défini à l’article premier de la « Convention de 1989 sur les droits de l’enfant » comme étant la personne humaine vulnérable âgée au plus de 18 ans). Au Cameroun, l’article 488 du code civil fixe l’âge de la majorité à 21 ans ; tandis que la constitution fixe la majorité électorale à 20 ans, l’âge minimum pour le mariage à 14 ans pour la jeune fille et 18 ans pour le jeune garçon.
2 - Un cadre juridique genereux mais peu contraignant
Les différentes réglementations favorables à la jeunesse sont contenues dans: - la Déclaration de 1959 sur les droits de l’enfant, - la Convention de 1989 relative aux mêmes droits, - le Code de déontologie de l’enseignant adopté le 14 juin 1997, - la Convention Internationale de 1965 Contre le Racisme et toutes les formes de discriminations, - le Code Pénal camerounais, - la Loi d’orientation de l’éducation au Cameroun de 1998, - la Loi d’orientation de l’enseignement supérieur de 2001, - et le Décret N°76/385 du 3 Septembre 1976 portant régime administratif et pédagogique. Si le cadre juridique en faveur de la jeunesse frappe par sa générosité, il n’en demeure pas moins qu’il n’a aucun caractère contraignant. Sans force exécutoire, les dispositions favorables de ces textes ne profitent pas véritablement à la jeunesse.
3 - Des journees commemoratives pour le folklore ?
Pour célébrer la jeunesse, les hommes et l’histoire ont retenu quelques dates : - Le 20 novembre : décrété par l’ONU, l’UNICEF et l’UNESCO Journée mondiale des droits de l’enfant en souvenir des dates d’adoption de «La Déclaration des droits de l’enfant» (20 novembre 1959) et de «La convention sur les droits de l’enfant » (20 novembre 1989). - Le 16 juin : déclarée Journée internationale de l’enfant africain par l’OUA et l’ONU en souvenir du massacre de 176 étudiants noirs à Soweto en 1976 ; pendant ceux-ci manifestaient pour réclamer le droits d’accès à une éducation de qualité. - Le 1er novembre : Journée africaine de la jeunesse ; par décision des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine depuis le sommet de Banjul en juillet 2006. La visée de cette célébration étant de réfléchir sur la situation des jeunes dans les pays Africains, d’analyser et de passer en revue les stratégies d’implication de ceuxci dans le développement durable du continent. En effet, la deuxième édition en 2009 fut placée sous le thème : « Jeunesse productive pour la stabilité et le développement économique ». - Le 11 février : Fête nationale de la jeunesse au Cameroun ; précédée le soir du 10 février, du traditionnel message présidentiel de 20 heures à la jeunesse ; 2010 en était la 44ème édition. - 1985 : fut déclarée par l’Assemblée Générale de l’ONU « Année Internationale de la jeunesse ». A l’observation, ces journées sont loin d’apporter l’impulsion qu’on aurait souhaitée pour faire avancer concrètement la cause de la jeunesse sur les plans national et international.
4 - Des ambitions sans grandes actions
Le 8 décembre 2004, à la faveur d’une vaste réorganisation gouvernementale décretée par le président de la République, le ministère de la Jeunesse (Minjeun) voit le jour. Le décret présidentiel du 4 mai 2005 portant organisation de ce ministère, annonça par la suite qu’il devait se charger "de l’élaboration et de la mise en oeuvre de la politique du gouvernement dans le domaine de la jeunesse". Quelques années après sa création, le MINJEUN s’est rapidement doté d’un plan jeunesse, instrument devant rendre opérationnelle la politique nationale de la jeunesse adoptée en 2006. Ce plan, qui devait s’étaler sur cinq ans, bénéficiait d’un budget prévisionnel estimé à 236 milliards de F cfa. Il allait se réaliser à travers 13 programmes prioritaires embrassant les domaines tels l’éducation et la formation, l’emploi et l’insertion sociale, la protection sanitaire, les droits de l’homme ou l’environnement. 62,8% de ce financement était consacré à l’éducation (formation) et 17,1% réservés à l’emploi. Mais ces ambitions se sont fracassées sur le mur d’une réalité autrement plus difficile. La Déclaration de Johannesburg en 1996 avait exigé que la part minimale de PIB consacrée au financement de l’éducation soit de 7%. Bien que n’ayant jamais atteint cet objectif, le gouvernement camerounais y a partiellement adhéré au cours de l’année 2000/ 2001, en finalisant la stratégie sectorielle de l’éducation, instituant la gratuité de l’école primaire publique, et prévoyant le recrutement de 1700 instituteurs vacataires et qui seront par la suite contractualisés. Les 36 articles d’un arrêté du MINESUP signé le 11 septembre 2008 portant sur le statut commun des étudiants dans les universités d’Etat ont été présentés par les décideurs comme étant l’un des outils de modernisation de la gouvernance académique et d’amélioration de la condition des jeunes en milieu universitaire. En 2008/2009, les rapports officiels en provenance de la haute hiérarchie en charge de l’enseignement supérieur indiquent que le Cameroun peut se réjouir de l’évolution actuelle de son architecture universitaire ainsi que des nouvelles perspectives de formation désormais offertes à sa jeunesse à travers ses: 7 universités d’Etat, une zone franche universitaire, 2 universités numériques, 73 instituts privés d’enseignement supérieur, 700 laboratoires, 2700 enseignants permanents, et surtout ses 3 grandes ambitions (1 étudiant = 1ordinateur connecté, 1 étudiant = 1 emploi, 1 filière professionnalisante = 1entreprise).
5 - Une inegalite de droits et de chances
Malgré les exigences formulées au Principe 7 de la Déclaration de 1959 et aux articles 28 et 29 de la Convention de 1989 sur les droits de l’enfant, la situation ici et là n’est guère tout à fait enviable. 20 études de cas sur l’alphabétisation et 30 études portant sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage réalisées dans le cadre du bilan UNESCO 2000 sur «l’éducation pour tous» l’indiquent clairement : - une dizaine de pays d’Afrique subsaharienne affichent des profils de scolarisation féminine anormalement bas (Burkina-Faso-24% femme / 37% homme, Tchad – 33% femme / 59 % homme, Erythrée – 29% femme/32% homme , Ethiopie 24% femme / 39% homme, Madagascar – 33% femme / 49 % homme, Malawi – 32% femme / 45 homme, Niger 19%femme / 30% homme, Djibouti – 27% femme / 36% homme) ; – les filles sont 14 millions de plus que les garçons au niveau mondial à ne pas être scolarisées ; - 86 millions de filles contre 43 millions de garçons n’ayant pas accès à l’enseignement primaire. Aussi, ce droit est-il inégalement partagé dans le monde : pendant que les taux de scolarisation de la fille sont élevés en Europe, en Amérique du Nord (95%) en Asie de l’Est (83%) et en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (79%), alors que les chiffres sont moyens en Asie du Sud (53%) et en Amérique Latine (51%), ils sont plutôt bas en Afrique au Sud du Sahara (40%). Cette inégalité de droits et de chances entre les jeunes, se traduit davantage par les disparités de conditions sociales et d’encadrement. Les effectifs d’élèves dans les salles de classe sont asymétriques : le nombre d’élèves par classe allant d’une vingtaine dans les pays développés (Norvège, Suède, Suisse, Autriche, Belgique, Japon, Irlande… etc.) à plus de 90 dans les PPTE (Burkina Faso – 156, Somalie – 167, Mali – 188). Les fossés budgétaires entre le Nord et le Sud sont énormes (les sommes que les Etats dépensent pour l’éducation et pour chaque élève allant de moins de 60 dollars en Afrique noire à plus de 2400 dollars dans les pays industrialisés).
6 - Des taux d’echecs scolaires
anormalement élevés En 2000, le taux de redoublement en Afrique était supérieur à 25%. Seuls 1/5 des enfants entrés au primaire en 1995 ont eu la chance d’atteindre la cinquième année d’étude. L’accroissement des effectifs de redoublants à tous les niveaux accentue le phénomène des classes à effectifs pléthoriques, ce qui est préjudiciable pour la qualité des enseignements. Le redoublement est un phénomène très récurrent sur le continent africain et particulièrement : au Bénin (25% de filles et 25% des garçons), au Tchad
( 32% de filles et 32% des garçons), au Congo Brazzaville
(35% de garçons et 32% des filles), en Côte d’Ivoire (24%
des garçons et 25% des filles), au Gabon ( 36% de garçons
et 34% des filles), en Guinée Conakry (27% de garçons et
29% de filles), à Madagascar (35% de garçons et 33% de
filles), au Togo (24% de garçons et 25% de filles). Les
différents Etats ainsi affectés ayant en commun leur appartenance
à l’espace éducatif et linguistique francophone.
En 2002, le bac francophone a été une catastrophe
sur le continent africain. Les lycéens camerounais, ivoiriens et nigériens
ont massivement échoué : Cameroun 79%, Côte d'Ivoire
78%, Niger 76%, Burkina 73%, Mali 72,5%, Sénégal 60%.Au Cameroun, les taux d’échec aux différents examens officiels de 1996 à 2003 ont été anormalement élevés : les résultats du baccalauréat de l’enseignement général ont connu une évolution sinusoïdale : sur 27265, 23318, 28808, 21226, 30737, 37180, 40634, 41558 et 43162 candidats présentés pour les sessions respectives de ces années, les résultats obtenus ont été tour à tour : 3757, 6017, 15083, 20652, 10413, 11966, 23507, 8710 et 15364 admis. A la fin de l’année 2003, l’on a estimé qu’en 9 sessions d’évaluation, l’OBC a enregistré seulement 9494 admis sur 31 352 candidats présentés au bac technique commercial. Aux brevets professionnels, en 2003, il y a eu 32.38% de taux de réussite au brevet de technicien (soit 20.26% dans les brevets professionnels commerciaux et 14.76% aux professionnels industriels) alors que par le passé la courbe de réussite y avait parfois dépassé 96 %.
7 - La spirale des hysteries collectives
Depuis 2001, année d’apparition des premiers cas de transe, les hystéries collectives d’adolescentes n’ont fait que se multiplier dans le système éducatif camerounais. Au jour d’aujourd’hui, de telles scènes ont déjà connu plus de 20 occurrences et dans plus de 10 établissements d’enseignement secondaire (le CETIC d’AKWA en 2002; et le Collège de la Maturité en 2008 étant les cas qui ont le plus retenu l’attention de l’opinion publique). A tort ou à raison, certains observateurs pointent un doigt accusateur sur les adeptes de certaines religions, sectes et ordres mystiques qui selon eux font des élèves fréquentant les écoles les cibles d’implémentation de certaines pratiques occultes et obscures.
8 - Une offre de formation professionnalisante insuffisante
En 40 années d’existence, ce qui est appelé aujourd’hui Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de Yaoundé a formé 3350 cadres dont 28 agrégés ; le chiffre global de tous les étudiants inscrits pour cette même année 2009 dans cette institution, toutes filières, provenances et niveaux confondus étant de 1187 dont : 735 pour les études médicales, 100 pour les études biomédicales et médico-sanitaires, 56 pour les études pharmaceutiques, 58 pour les études de médecine bucco-dentaire, et 238 pour le cycle de spécialisation. De plus en plus, l’offre de formation médicale dans cette institution comme dans les autres est largement inférieure à la demande. Le tableau ci-après en indique l’évolution : La même tendance pourrait logiquement prévaloir pour les concours d’entrée à l’ENAM, à l’ENS, à l’ENSET, à l’EMIAC et à l’Ecole nationale de police, pour ne citer que ces institutions.
9 - Une jeunesse exploitee sexuellement et economiquement
Malgré la proscription du mariage forcé dans « la Convention sur les droits de l’enfant », au Cameroun en 2006, 12% des filles continuaient à être mariées avant 15ans avec un pic de 31% dans l’Extrême Nord. En 1999, l’UNICEF dans ce sens a fait les estimations suivantes : - en Afrique Sub-Saharienne, 50% des filles accouchent dans ces conditions avant l’âge de 18 ans, - 25% des 500 000 femmes qui meurent de suites d’accouchement difficile sont des adolescents de 15 à 19 ans dont 99% sont des populations des PVD, - 25% des filles mariées et enceintes précocement (avant l’âge de 17 ans ) sont en même temps infectées au VIH. L’article 34 de la Convention de 1989 recommande la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle. Or l’ampleur de la pédophilie est de nos jours effrayante. Une enquête effectuée à Yaoundé durant l’année scolaire 1998/1999 dont les résultats étaient préparatoires au séminaire régional de Février 2000 à Yaoundé sur « La pédophilie en Afrique » avait davantage éclairé l’opinion à cet effet. Un questionnaire avait été administré à 1688 élèves (916 filles et 772 garçons) fréquentant 10 établissements secondaires de la capitale ; et son dépouillement avait révélé ce qui suit : - 72,5% des filles et 27,5% des garçons avaient déclaré avoir déjà été victimes d’abus sexuels ; - les victimes étaient en majorité des adolescentes entre 4 et 15 ans ; - les abus évoqués dans l’enquête étaient : l’attouchement sexuel (en première ligne), et le viol, - la moitié des victimes n’en avait jamais parlé à quiconque ( par crainte des représailles ou du qu’en dira-ton), - 54,6% des agressions sexuelles évoquées dans cette enquête s’étaient déroulées chez la victime ; 30% chez l’agresseur et 15% en milieu scolaire (campus, internat, salle de classe, gymnase, toilette…etc.), - 86% des bourreaux étaient âgés entre 14 et 60 ans ; la majorité de ceuxci étant des proches parents de la victime. Selon les résultats d'une autre enquête réalisée entre septembre et décembre 2004 par la Cameroon society for Prevention of Child Abuse and Neglet (Caspcan), 40% de jeunes camerounaises âgées entre 9 et 20 ans, sont d’une manière ou d’une autre victimes d'exploitation à des fins sexuelles. Selon l’UNICEF, chaque année, l’exploitation économique touche : 200 000 mineurs en Afrique occidentale et centrale, 400 000 gamins majoritairement de race noire et déscolarisés en Afrique du sud, plus de 12 000 000 au Nigéria, environ 10 000 enfants marocains de 8 à 14 ans (clandestinement employés dans des usines de fabrication de tapis), environ 100 000 jeunes mauritaniens. En mars 2001, 250 mineurs béninois et togolais furent appréhendés au port de Cotonou à bord du navire nigérian «l’Etireno» ; parmi eux, il y avait essentiellement des enfants de 5 à 14 ans clandestinement embarqués pour servir comme domestiques au Gabon. Une enquête récente réalisée par l’INS sur la recommandation du bureau régional de l’OIT révèle que le travail des enfants au Cameroun en 2007 concernait 41% des jeunes de 5 à 17 ans, soit plus de 2 millions d’enfants. La même étude indiquait que : -ce phénomène prend de l’ampleur au fur et à mesure que les enfants grandissent ; - 28% des enfants sont employés dans des tâches que l’OIT juge nocives pour leur sécurité, leur intégrité et leur santé ; - ceux-ci accusant le plus grand retard scolaire ; - 28,7% des enfants enquêtés étant alternativement scolarisés et économiquement actifs.
10 - La menace des pratiques excisionnelles
En dépit de la proscription de la torture et des pratiques attentatoires à l’intégrité de leur personne (dans les articles 19 et 34 de la Convention de 1989), environ 2 000 000 d’adolescentes selon l’OMS subissent l’excision chaque année. Elle est assez répandue dans une bonne partie de l’Afrique, de l’Asie et dans les communautés d’immigrants en Europe et en Amérique du Nord. Chaque jour, environ 6000 fillettes sont excisées. Les taux de mutilations les plus élevés de nos jours se trouvant : en Erythrée (95%), au Mali (94%), en Sierra Léone (90%), au Soudan (89%) , en Ethiopie (85%), au Burkinafaso (72¨%), au Tchad (60%), au Libéria (60%) et au Bénin (50%). Au Mali, des nourrissons subissent cette opération dans les 40 jours qui suivent leur naissance. Partout ailleurs, dans la majorité des cas, elle se pratique sur des fillettes âgées de 4 à 12 ans. L’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes (clitoris et petites lèvres) se pratique le plus souvent sans anesthésie, au moyen des couteaux, morceaux de verre, ou lames de rasoir. Elle a de terribles conséquences physiques, physiologiques et psychologiques parfois irréversibles.
11 - La dictature de la rue
Les rues de nos grandes métropoles ne cessent d’accueillir et d’héberger les enfants SDF ou NANGA BOKO. Pour se procurer l’illusion permanente de confort et de sécurité en ces lieux, pour faire face aux turpitudes et lois de la jungle en vigueur dans cet univers (braquage, vol à la tir, viol, agression), 90% de ceux-ci consomment quotidiennement de la drogue. Plus de 100 millions d’enfants du Tiers Monde passent la majorité de leur journée et l’essentiel de leur nuit dans la rue. Ce phénomène a pris beaucoup d’ampleur dans 90% des grandes métropoles du Sud. 30% des enfants de la rue dans de nombreux PVD étaient des fillettes bien que la rue ne soit pas sécurisante, et que leur présence en ces lieux les expose au viol, à la prostitution, à la drogue et à la criminalité, toutes choses qui sont nocives à leur croissance, leur santé et leur épanouissement.
12 - Les ravages du VIH/SIDA
En 2001, il y avait 210 000 enfants de 0 à 14 ans déclaré orphelins du VIH/SIDA. Les estimations de l’ONU SIDA à la date du 1er décembre 2004, renforcèrent les mêmes inquiétudes, estimant à 2,2 millions le nombre d’enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH dont 1,9 millions en Afrique Subsaharienne. Pour cette seule année 2004, dans la tranche d’âge ainsi déclarée, il y avait 640 000 nouveaux cas d’infection et 510 000 décès ; près de 2000 enfants de moins de 15 ans attrapaient le virus chaque jour. La tranche ainsi gravement touchée étant celle dite scolarisable, en l’occurrence celle des adolescents de l’enseignement secondaire.
13 - La proliferation des faux diplomes
La prolifération des faux diplômes de nos jours malgré les multiples opérations de démantèlement à l’ordre du jour, sont une autre facette du malaise des jeunes. Près de 1000 étudiants de l’université de Yaoundé II (SOA) ont été suspendus des examens du premier semestre de la session 2010 pour détention de faux diplômes, double matricule et autre fraude. Le lancement de la session 2009 du concours de la police a permis un dépistage de plus de 900 parchemins (BEPC, PROBATOIRE et BACCALAUREAT confondus) à l’authenticité douteuse.
14 - Des frais prohibitifs d’acces au savoir
Dans le contexte actuel de pauvreté, on constate que les frais d’accès au savoir sont prohibitifs. Dans certaines institutions d’enseignement supérieur privé, une année de scolarité coûte jusqu’à 850 000 FCFA (en cycle de licence), et peut atteindre même le million pour une année de master ; or les coûts les plus modestes dans ce secteur se situent entre 350 000 et 450 000 F par an. Plus de quatre ans après l’arrêté du ministre du commerce en 2006 réglementant la tarification du loyer estudiantin, des chambres d’étudiants ont continué d’être facturées jusqu’à 15 000 F le mois, de nombreux bailleurs n’ayant jamais respecté cette réglementation à laquelle ils s’opposent farouchement ; arguant que l’Etat qui leur impose ces prix n’en avait pas subventionné la construction.
15 - Une jeunesse exclue des circuits du pouvoir
Au Cameroun, toutes les fonctions confondues de maires, adjoints au maire, députés, ministres, secrétaires d’Etat, secrétaires généraux des ministères exercées par les personnes appartenant à la tranche d’âge jeune n’atteignent pas 5% de tous les effectifs. Avec les femmes, les jeunes représentent les composantes sociales les plus marginalisées dans les différents circuits du pouvoir, de la prise des décisions et du commandement nationaux. La situation est davantage dramatique au sommet de l’Etat. L’Afrique bat tous les records de vieillissement et de longévité au pouvoir : non seulement plus de la moitié des Chefs d’Etat y règnent depuis plus de 10 ans, mais aussi ils sont sinon du troisième âge, du moins assez rapprochés de cette tranche d’âge, ce qui n’est pas un bon signe pour des peuples aspirant au progrès et au développement durable.

