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Sans
risque d’exagération, la société
africaine peut aujourd’hui encore être
considérée en grande partie comme
profondément phallocratique. Les droits
de possession, d'administration, de gestion
des biens et de décision appartiennent
principalement aux hommes. Les femmes par contre
sont astreintes aux devoirs de procréer,
de garder, d'entretenir, d'exécuter,
d'obéir, etc. Elles ne peuvent jouir
du fruit de leur travail que sous la houlette
d'un homme qui peut être le père,
le frère ou le mari. En terme d'équilibre
des charges des droits et des devoirs, la balance
pèse lourdement du côté
des hommes. Il est clair que dans un tel contexte,
la femme est non seulement défavorisée,
mais chosifiée.
Par
fidélité à ses principes
chrétiens et à son engagement
pour la Justice, la Paix et la Sauvegarde de
la Création, le CIPCRE ne peut pas parler
de la dignité et de la promotion humaine
sans s’intéresser particulièrement
au rapport hommes/femmes. Pour ce faire, le
CIPCRE a opté pour l'approche genre et
développement qui lui permet, suite à
une analyse contextuelle, de montrer que les
rôles attribués aux hommes et aux
femmes, et souvent considérés
à tort comme naturels, proviennent d'un
processus culturel et peuvent, par conséquent,
être modifiés. Concrètement,
à travers toutes les actions entreprises
sur le terrain, le CIPCRE cherche à équilibrer
les charges des droits avec celles des devoirs
entre les hommes et les femmes, notamment dans
le partage des rôles et l'accès
des femmes aux ressources, au partage équitable
des fruits du travail commun et aux prises de
décisions.
Le
droit à la parole et aux responsabilités
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L’approche
genre et développement,
choisie par le CIPCRE, porte déjà
des fruits dans la région de
l'Ouest et du Nord-Ouest Cameroun. Suite
aux nombreuses séances de sensibilisations
dans les organisations paysannes partenaires
du CIPCRE dans ces régions, un
dialogue constructif s'installe déjà
progressivement entre les femmes et
les hommes. Il est encourageant de constater
que les femmes ont de plus en plus confiance
en elles-mêmes, prennent régulièrement
la parole lors des rencontres des comités
de gestion de leurs organisations paysannes,
et accèdent de plus en plus aux
postes de responsabilités et
de décisions dans ces comités.
Malgré leur modestie, l'observateur
attentif mesurera l'importance de ces
petites avancées, d'autant plus
que nous nous situons dans un contexte
où des traditions ancestrales
ont réussi à mettre en
place des mécanismes de brimade
et d'exploitation des femmes, comme
le veuvage et l'exclusion de la propriété
foncière ou de la succession
à un parent décédé.
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L’accès
et le contrôle des ressources et bénéfices
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La
diminution des espaces arables constatés
notamment dans les province de l’Ouest
et Nord-Ouest au Cameroun a entraîné
une régression notable du statut
de la femme. En effet, la diminution des
ressources naturelles consécutive
à cette pression de l’humain sur
le milieu, a fait que le peu de gains
que les femmes ont obtenus au cours des
temps, sont aujourd'hui menacés.
Face à cela, dans son projet d’agroforesterie,
le CIPCRE a tenu à veiller sur
la participation des femmes aux activités
de plantation d’arbres. Ceci est extrêmement
important lorsqu’on sait que dans la Province
de l'Ouest, les femmes n’ont pas le droit
de planter les arbres, car elles ne sont
pas propriétaires de terres. Pour
contourner cette pratique sociale, le
CIPCRE a tenu à ce que tout au
long du processus, les femmes soient non
seulement impliquées, mais qu'elles
puissent faire valoir leurs besoins pratiques
et leurs intérêts stratégiques.
Pour ce faire, des ateliers de réflexions
avec les bénéficiaires,
les autorités administratives et
traditionnelles ont été
menés, à l’issue desquels
les femmes ont obtenu que celui ou celle
qui plante un arbre, qu'il soit un homme
ou une femme, devienne à la fois
propriétaire des arbres plantés
et des parcelles sur lesquelles ces arbres
sont plantés. Toutefois ces terres
ne peuvent être affectées
à un autre usage que le reboisement.
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L’équité dans l’accès à l’emploi
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Dans
le cadre de l’approche genre et développement,
le CIPCRE ne se contente pas de prêcher
aux autres. Il veille à mettre un accent
particulier, dans la conduite des ses
activités, sur les besoins pratiques
et les intérêts stratégiques des femmes.
Par ailleurs, il accorde une grande
importance à la recherche de l'équilibre
en ce qui concerne la composition des
membres des instances délibératives
et de contrôle, ainsi qu'à l'attribution
des postes de responsabilité au sein
de l'organe exécutif. A titre illustratif,
parmi les neuf membres du Conseil d'Administration,
quatre sont obligatoirement des femmes
; par ailleurs, sur les six Coordinateurs/Coordinatrices
des unités opérationnelles du CIPCRE-Cameroun,
trois sont des femmes.
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