Get Adobe Flash player

Articles

HOMOSEXUALITE, EGLISE ET DROITS DE L’HOMME

LE PASTEUR JEAN BLAISE KENMOGNE OUVRE LE DEBAT

 

Dans un livre-entretien de 82 pages publié aux Editions  CEROS, le Pasteur Jean Blaise Kenmogne, sous le feu nourri des questions du journaliste Haman Mana, Directeur de publication du quotidien Le jour, livre ses réflexions sur la question de l’homosexualité au Cameroun ; sur les droits de celles et ceux-là qui «  existent et vivent leur homosexualité parmi nous »,  de ces frères et sœurs qui sont « dans nos familles, dans nos Eglises, dans nos villes, dans nos pays, dans le monde »

De par les passions qu’elle soulève, les croyances et les préjugés dont on l’entoure, les partis pris qu’elle suscite, l’homosexualité est en passe de devenir aujourd’hui l’une des  questions anthropologiques qui agitent douloureusement les consciences et occupent une place importante dans les débats publics sur le continent africain. Mais ces débats sont loin d’être éclairants tant ils sont pris au piège de pseudo convictions religieuses, enfermés dans le dédale des manipulations ésotérico-politiques et mystiques et comme recouverts d’un vernis d’hypocrisie. Pendant ce temps, les homosexuels subissent, dans les villes et les campagnes, des exactions aussi diverses qu’abominables dont la stigmatisation au quotidien, les persécutions, la marginalisation, les viols « thérapeutiques », les arrestations arbitraires, l’emprisonnement et plus généralement le déni de leurs droits humains.

Face à cette cacophonie, une voix s’est élevée du Cameroun pour décliner une partition originale qui ambitionne de congédier les amalgames et de mettre à nu les équivoques qui polluent la compréhension de l’homosexualité. C’est la voix du Pasteur Jean Blaise Kenmogne, Directeur Général du Cercle International pour la Promotion de la Création (CIPCRE). Après avoir publié des articles sur l’homosexualité dans des journaux au Cameroun, il vient de commettre aux Editions CEROS un ouvrage intitulé : Homosexualité, Eglise et Droits de l’Homme, ouvrons le débat. Dans ce livre de 82 pages facile à lire, il attire l’attention du lecteur sur la nécessité de respecter  les droits des homosexuel(le)s qui sont des êtres humains que nous côtoyons tous les jours dans nos familles, nos lieux de travail et de culte. Devons-nous les ignorer, les considérer comme des malades ou des fous ? La réponse est non car « Ils ne sont ni un cancer à éradiquer, ni une menace sociale. Ils sont des sujets d’humanité, des sujets de droits, des sujets de vie qu’il ne convient ni  de marginaliser, ni de considérer comme des chiens morts. Un homosexuel, une homosexuelle, c’est mon frère, c’est ma sœur que je ne dois pas considérer comme des malades parce qu’ils sont différents de moi. »

 Dans ce débat enflammé, c’est la fonction de l’auteur de l’ouvrage qui pose  problème. Un Professeur d’université ou tout autre homme de culture aurait tenu de tels propos, que cela serait passé inaperçu. Mais un Pasteur qui soutient les homosexuel(le)s, c’est un blasphème puisque la Bible qu’il connait pourtant bien est claire sur la question. C’est dire que les gens n’ont pas compris que le Pasteur Jean Blaise KENMOGNE se situe sur le terrain du droit et sur celui, encore à défricher, de l’accompagnement pastoral des homosexuel(le)s. A la question du journaliste HAMAN MANA de savoir où est le problème, le Docteur JBK répond «Il est de savoir ce que les Eglises font et ont à faire avec les homosexuel(le)s qui sont déjà en leur sein et les homosexuel(le)s qui sont dans la société. Il est trop facile de leur dire « Nous condamnons l’homosexualité » et de se taire, la conscience tranquille. Au lieu de ce silence satisfait et olympien, moi je suggère que le débat soit ouvert sur cette question. Je propose la mise en place d’une pastorale à l’égard des homosexuel(le)s : une manière claire et pratique de se situer en tant qu’Eglise par rapport à l’homosexualité.» En bon stratège et fidèle à une ligne qu’il s’est donnée, Jean Blaise Kenmogne ne se prononce pas pour ou contre l’homosexualité, car pour lui, la question n’est pas là. Même le journaliste HAMAN MANA n’a pas réussi à le déboulonner et à le déstabiliser, malgré les multiples relances, les unes plus subtiles que les autres. C’est plutôt lui qui invite à réfléchir quand il affirme : «je ne crois pas que le salut de l’homme, selon Jésus, dépend de son homosexualité ou de son hétérosexualité. Je suis convaincu qu’à la surprise générale, certain(e)s homosexuel(le)s  précéderont des hétérosexuel(le)s dans le Royaume de Dieu », faisant certainement allusion à ce passage de l’Evangile où Jésus dit aux juifs que les prostituées et les publicains les devanceront dans le Royaume de Dieu.

Si donc il invite son Eglise à ouvrir le débat sur cette question, c’est d’abord parce qu’elle a sur l’homosexualité des positions tranchées qui ne prennent pas en compte la nécessité d’accompagner les homosexuel(le)s, ces êtres humains créés comme nous, à l’image et à la ressemblance de Dieu. C’est aussi en raison des combats d’arrière-garde qui y font rage et qui ont amené certains de ses collègues Pasteurs à le couvrir d’opprobre, à demander à la hiérarchie de l’Eglise de le punir avec la plus grande sévérité et la plus grande exemplarité, s’ils n’ont pas tout simplement cherché à le lyncher médiatiquement en faisant circuler sur Internet des articles aussi insidieux que malhonnêtes.

Le livre que vient de commettre Rév. Jean Blaise Kenmogne, Docteur en Droits de l’Homme, a le mérite de démonter les mensonges dont on accable les homosexuels identitaires et les violences dont ils sont victimes ; de montrer qu’ils sont sujets de droits, de devoirs et de pouvoirs ; de dénoncer avec la plus grande fermeté les agissements des « homosexuels politiques et économiques » qui, pour conquérir et/ou conserver des positions de pouvoir, abusent des personnes de même sexe.

Au total, avec ce livre, le leader social suscite et nourrit la réflexion sur les vrais enjeux de l’homosexualité sur nos terres, à l’heure où des pressions internationales de plus en plus insistantes font croire que l’Afrique est incapable de réflexion et de prise de position endogènes sur cette question sensible.

Commentaires  

 
-3 #1 Vermonde Saintil R. 24-05-2013 15:17
Je crois que le droit des homesexuels ne peut faire sujet de droit puisque dans chaque pays chaque individu a le droit de jopuir de sa liberté. Ce qui signifie qu'il peut choisir ses orientations sexuelles. Mais pretendre que ce droit est universel c'est nier le fait que la raison ne postule pas une telle pratique en vertu de la survie de l'espèce humaine. Telle est l'erreur du pasteur Jean-Blaise Kenmogne
 
 
+4 #2 Mariane Amara 27-02-2014 09:55
Je trouve cette approche vraiment intéressante et assez innovante. Il est réellement nécessaire qu'un vrai débat s'ouvre au Cameroun sur la question homosexuelle, surtout quand on sait qu'il y a des familles qui sont prêtes à sacrifier leurs membres dès le moment où ils sont découverts comme tels, sans que la question du droit à la vie privée soit posée. Nous avons besoin de davantage de réflexions scientifiques également. Dommage que les universités au Cameroun préfèrent s'allier à la pensée des savants naïfs et refusent d'ouvrir le débat.
 
 
+3 #3 Mariane Amara 27-02-2014 10:08
Permettez-moi de vous préciser chère madame Vermonde Saintil R. que aborder la question de l'homosexualité en termes de survie de l'espèce c'est vouloir affirmer que les homosexuels n'ont pas le droit à une progéniture. C'est injuste. Et le danger de cette attitude c'est aussi de vouloir forcer tous les hétérosexuels à faire des enfants même s'ils n'en ont pas envie. C'est un drame que beaucoup de personnes vivent actuellement dans les familles, et pourtant, il y en a aussi que l'on chasse de leurs maisons parce qu'elles ont ramené des grossesses.
Il y aura toujours des personnes qui aiment la maternité et font des enfants, qu'ils soient homosexuels ou hétérosexuels. Le problème à mon avis c'est plutôt de savoir quels déterminants familiaux sont la cause de l'homosexualité et comment réinsérer ces personnes au sein de nos familles.
 
 
-3 #4 M René Vermonde S. 21-04-2014 18:48
Je crois que vous avez mal compris ma prise position Madame Mariane je voulais critique le fait que les homosexuels ne garantissent en aucune sorte la survie de l'éspèce c'est une pratique qui peut se faire au nom de la liberté et nom dans un cadre garanti par la loi qui les permet de se marier.
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir