| "Habitués
à entendre parler de l’Afrique
sous le mode du pessimisme et du fatalisme,
nous ne nous rendons pas compte qu’il
y a dans nos pays des hommes et des
femmes engagés dans des initiatives
fructueuses pour changer notre société.
Ces hommes et ces femmes créent
des espaces de vie nouvelle où
se libère notre génie
créateur. Ils construisent au
jour le jour une autre Afrique : l'Afrique
de l’espoir."
Kä Mana
Le Cercle International
pour la Promotion de la Création
(CIPCRE) est une ONG d’obédience
chrétienne et de droit camerounais
qui s’est donné pour tâche
d’amener les populations, hommes et
femmes, à prendre en charge leur
propre développement, en relation
avec la problématique écologique
prise dans un sens large. La volonté
étant ainsi de contribuer, à
travers les actions de deux Bureaux
Nationaux au Bénin et au Cameroun,
à la construction, en Afrique,
d’une société fondée
sur des valeurs évangéliques;
c’est-à-dire une société
démocratique, juste, équitable,
humaine, saine et verte.
En
investissant des champs aussi variés
que le développement durable,
l’éducation environnementale,
Justice et Paix, Genre et développement,
ainsi que la communication et le lobbying,
le CIPCRE se révèle à
la fois comme une organisation d’appui
aux initiatives locales de développement
et un outil de témoignage chrétien,
montrant que la construction de l’Afrique
de l’Espoir trouve des fondements solides
dans une vision évangélique
du monde. Abordant son travail dans
la perspective d’une écologie
globale, le CIPCRE considère
que les dimensions environnementales,
politiques, économiques et socioculturelles
de la vie humaine doivent être
nourries de la sève spirituelle
de la foi en Dieu et de l’ouverture
de l’esprit de l’Evangile.
Dans
deux bureaux nationaux à Porto-Novo (Bénin)
et à Bafoussam (Cameroun) et dans un
bureau de liaison à Bamenda (Cameroun
anglophone), se répartissent les 40 personnes
de l’équipe CIPCRE, dont 26 hommes et
14 femmes. Des hommes et des femmes rompus à
la tâche, portés par la convivialité
et animés par la volonté d’apporter
leur contribution à la construction des
rapports durables entre les êtres humains
d’une part, entre les êtres humains et
leur environnement d’autre part. Dans cette
équipe motivée, des pasteurs côtoient
des ingénieurs (agronomes et de génie
civil), des pédagogues des animateurs
socio-culturels, des anthropologues des juristes,
dans une même dynamique de promotion de
la création.
L’écologie
globale
Il
faut le dire haut et fort : tout le travail
du CIPCRE prend sens dans la volonté
d'incarner l’écologie globale dans des
projets concrets d’éducation, de formation,
de développement et de promotion humaine.
En conjoignant l'éthique africaine des
liens vitaux et l'éthique évangélique
de la vie en abondance, le chemin qui est tracé
est celui d'une inculturation libératrice
où le message du Christ fertilise la
culture africaine. Le génie du CIPCRE
est de montrer que cette inculturation créatrice
n'est pas une idée abstraite agitée
dans de liturgies folkloriques pour le peuple,
mais une dynamique de fond à laquelle
on doit donner un corps dans les initiatives
et les pratiques sociales de reconstruction
sur le terrain.
Le
Cercle International pour la Promotion de la
Création est devenu ainsi un lieu fertile
où des hommes et des femmes ont tissé
des liens au sens vital du terme, se sont unis
en esprit et en vérité dans la
perspective évangélique et ont
créé un esprit de confiance réciproque
pour avancer ensemble.
Les
principes de l'écologie globale sont
clairs : être au service de la justice,
de la paix et de la sauvegarde de la création.
Claires sont aussi les valeurs de l'Evangile:
lutter pour la vie en abondance et construire
une société d'amour et de bonheur
partagé.

construire ensemble
Un peu d’histoire
Le
Cercle International pour la Promotion de la
Création (CIPCRE) est né au détour
de multiples constats, les uns aussi graves
que les autres : dégradation de l'environnement,
croissance sans développement, dignité
humaine quotidiennement piétinée
par des forces irrationnelles, etc. En effet,
et pour nous situer dans la région des
Hauts Plateaux du Cameroun, lieu de naissance
du CIPCRE, il est de notoriété
que la pression démographique, qui a
induit une forte pression agraire, est à
l'origine de l'appauvrissement des sols. L'utilisation
massive des engrais chimiques n'a pas aidé
à rétablir l'équilibre
recherché. Les populations, longtemps
sédentaires, se sont ainsi vues obligées
d' "émigrer" vers d'autres
départements.
Pour
ne rien arranger, la crise économique
dont on situe la naissance au Cameroun autour
des années 1986-1987, est venue accélérer
le désarroi des populations. Au plus
fort de l'effervescence politique en 1991, l'incivisme
fiscal a été utilisé entre
autres comme arme politique pour revendiquer
plus de liberté et de démocratie.
Les conséquences de cette situation explosive
n'ont pas tardé à se manifester
: illiquidité du Trésor Public,
compressions des personnels dans les entreprises,
incapacité des collectivités locales
à assainir le cadre urbain, retour massif
d'un bon nombre de citadins vers les zones rurales
(exode urbain), comportements de survie en rupture
avec les principes de la sauvegarde de la création,
etc.
C'est
pour tenter d'apporter leur modeste contribution
à la résolution de ces problèmes
qu'un groupe d'amis composé de Pasteurs,
de Prêtres, de Médecins, de Leaders
Paysans, de Pédagogues, d'Ingénieurs
Agronomes, de Sociologues, de Politologues et
d'Economistes ont mis sur pied, sous l'impulsion
du Pasteur Jean-Blaise KENMOGNE, une cellule
de Réflexion et d'Action Ecologiques
dont les travaux, dès le départ,
ont été sous-tendus par deux nécessités
: la nécessité de donner à
leurs réflexions théoriques un
socle pratique ; la nécessité
de témoigner autrement l'Evangile.
Pasteur Jean-Blaise KENMOGNE :
Directeur Général du CIPCRE

Cette
volonté de passer de la théorie
à la pratique et de vivre la dimension
écologique de l'Evangile a séduit
des amis d'autres pays qui n'ont pas hésité
à prendre l'attache du noyau initial
pour essayer la même expérience
chez eux. C'est ainsi que la Cellule de Réflexion
et d'Action Ecologiques est devenue plus tard
le CIPCRE. Nous sommes en 1990.
Dans
un décor de turbulence et de contestation
politiques, le CIPCRE réussit à
organiser à Bafoussam du 21 au 24 avril
1991 son séminaire de lancement sur le
thème : l'Etat de l'Environnement au
Cameroun. C'était la toute première
fois qu'une ONG Camerounaise organisait une
telle rencontre sur un tel sujet. Plus de 100
personnes, bravant le feu, les casses et les
intimidations diverses, prirent part à
ces Journées de Réflexion dont
les communications furent un véritable
régal. La démonstration était
ainsi faite que le problème environnemental
au Cameroun est un défi majeur qu'il
importe de relever. La présence massive
d'Ingénieurs Agronomes, de leaders paysans,
de pasteurs, de prêtres, d'éducateurs
et de partenaires du Nord à ces assises
traduisait dès le départ la nécessité
de conjuguer les efforts dans la résolution
des questions environnementales. Il faut l'affirmer
sans ambages : les problèmes d'environnement
ne sauraient être réduits à
une seule grille de lecture sans courir le risque
d'être superficiellement diagnostiqués
et donc traités.
Trois
années plus tard, la vocation régionale
du CIPCRE se précise. En effet, une mission
de reconnaissance de la Direction Générale
du CIPCRE au Tchad aboutit à la conclusion
d'un Protocole d'Accord de Collaboration avec
le Gouvernement de ce pays et donc à
la naissance du CIPCRE-TCHAD. Parallèlement,
la création d'un cercle d'amis du CIPCRE
au Bénin donne lieu à la mise
en place du CIPCRE-Bénin. Deux études
sont conçues pour être entreprises
dans ces deux pays en vue de l'élaboration
de deux programmes : dans le premier, une étude
sur "Ecologie et Santé", dans
le second, une étude sur "Ecologie
et Artisanat". Par ailleurs, en 1996, le
CIPCRE organise à Batié au Cameroun
un colloque international sur le thème
"Ethique écologique et reconstruction
de l'Afrique". L'année suivante,
il organise deux autres colloques internationaux
respectivement Batié au Cameroun sur
"Eglise et impunité" et à
Porto-Novo au Bénin sur "Ecologie
et Evangélisation".
Ces
études et ces colloques ont donné
lieu à des programmes qui ont permis
au CIPCRE de se lancer, dans sa zone d'intervention
qui couvre l'Afrique Centrale et Occidentale,
à travers la Direction Générale
et les deux Bureau Nationaux au Bénin
et au Cameroun, dans des pratiques sociales
touchant le monde rural, le monde urbain, l'univers
scolaire et universitaire, les milieux religieux,
bref tous les lieux susceptibles de faire incarner
"l'écologie" en tant que promotion
de la vie dans sa globalité.
Mgr Jean Bosco NTEP :
Président du Conseil d’Administration
du CIPCRE

Cadre de référence
de nos activités
ONG d'obédience chrétienne, le CIPCRE s'engage à œuvrer à ce que la "Volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel". Pour ce faire, il se donne un Cadre de référence de ses activités adopté par le Conseil d'Administration en sa séance ordinaire du 19 avril 2004, ratifié par l'Assemblé Générale Extraordinaire du 20 avril 2005 et qui comprend :
- la vision ;
- la mission;
- les résultats généraux attendus ;
- les domaines d'intervention ;
- les stratégies d'intervention ;
- les publics bénéficiaires ;
- les principes directeurs.
Notre vision
Le CIPCRE rêve d'un monde fondé sur le projet de Dieu pour Sa Création, projet de vie en abondance tel que révélé en Jésus-Christ ; un monde où l'homme et la femme s'affirment comme acteurs de leur devenir dans un rapport sain à leur histoire et à leur environnement et s'épanouissent physiquement, moralement, socialement et spirituellement, conditions préalables à l'expression de leur dignité ; un monde où l'humanité s'organise en une société démocratique, juste, pacifique et respectueuse des droits de la personne, des principes de la bonne gouvernance et de l'équité dans les rapports homme/femme.
Notre mission
Dans la perspective de l'avènement de sa vision, le CIPCRE a pour mission, d'œuvrer pour la promotion de la création en contribuant à la transformation des structures sociales et au renforcement des capacités pratiques et stratégiques des populations défavorisées pour la prise en main de leur destin.

Résultats généraux attendus
Au terme des actions de transformation des structures sociales et de renforcement des capacités pratiques et stratégiques de ses partenaires :
- Les populations défavorisées, hommes et femmes, comprennent mieux leurs problèmes et ont des outils pour les résoudre ;
- Les structures sociales (politiques, économiques, religieuses et culturelles) fonctionnent au mieux des intérêts des populations défavorisées ;
- La vision éco-théologique du développement est partagée avec les autres acteurs sociaux, dans un esprit œcuménique et inter-religieux ;
- La promotion humaine va de pair avec la promotion de l'environnement ;
- L'équité dans les rapports homme/femme est partagée et mise en œuvre par les acteurs sociaux.
Domaines d'intervention
Pour atteindre les résultats généraux attendus ainsi identifiés, le CIPCRE intervient dans les domaines suivants :
Promotion du dialogue foi et transformation sociale ;
Promotion de la justice, de la paix et des droits du citoyen ;
Promotion des initiatives locales de développement ;
Promotion des rapports sains entre l'humain et son environnement ;
Promotion des rapports équitables homme/femme.


Stratégies globales d'intervention
Les interventions du CIPCRE sont exécutées suivant les stratégies ci-après :
- Plaidoyer ;
- Accompagnement ;
- Sensibilisation et formation ;
- Information, éducation et communication (IEC) ;
- Recherche-action ;
- Réseautage, partenariat et participation ;
- Spiritualité-action ;
- Mobilisation des ressources.
Publics bénéficiaires
Nous entendons par publics bénéficiaires, les partenaires pour qui et avec qui nous agissons et que nous considérons comme clients, c’est-à-dire celles et ceux au service desquel(le)s nous sommes. Il s’agit principalement des :
- Femmes ;
- Jeunes ;
- Paysans ;
- Artisans et autres acteurs du secteur informel ;
- Croyants ;
- Elèves et Etudiants ;
- Citoyens.
Principes directeurs
Les actions du CIPCRE sont guidées par un ensemble de principes directeurs qui sous-tendent sa culture organisationnelle :
- le militantisme ;
- le respect des valeurs éco-théologiques ;
- le professionnalisme et la transparence ;
- la responsabilité et la dignité ;
- l'ouverture et la collaboration ;
- le courage et l'espérance ;
- l'esprit d'équipe.
Convaincu que Dieu a un projet pour Sa Création, le CIPCRE croit que les actions entr eprises dans la perspective du présent Cadre de Référence contribueront à la réalisation de l'humain en l'Homme et à la construction d'une société fondée sur des valeurs évangéliques, c'est-à-dire une société démocratique, juste, équitable, pacifique, humaine, saine et "verte".
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